REMONCOURT :

GROS VILLAGE, A UNE DIZAINE DE KM DE VITTEL EN DIRECTION DE MIRECOURT

 

Le 13 septembre 1944, au lendemain de la prise de Vittel, sous les ordres du capitaine BRANET, commandant la 3ème Compagnie du 501ème R.C.C., j’ai pour mission d’occuper le village de Remoncourt, fortement tenu.

 

Après une brève intervention de l’artillerie, je me présente à l’entrée du village, où quelques maison sont en feu, avec ma section soutenue par deux section infanterie et une du Génie, mais ne disposant d’aucun élément de reconnaissance.

 

Je prends l’initiative de remonter la rue principale, qui semble dégagée. Je désigne le ‘’DIXMUDE’’ et l’’YSER’’ pour contourner le village par le Sud et le ‘’Grand COURONNE’’ par le Nord, le ‘’VIMY’’, qui a remplacé le ‘’NOTRE-DAME-de-LORETTE’’, et derrière moi. A ma hauteur, une section d’infanterie progresse, maison par maison, des deux côtés de la rue. J’entends des tirs nourris de mitrailleuses et quelques coups de canon au Nord et surtout au Sud.

 

La traversée du village se passe bien, mais au dernier carrefour avant la sortie : un choc violent contre le char. Il est touché par un petit obus anti-char qui, chauffé à blanc, tombe au fond de la tourelle après l’avoir perforée. Il a transpercé mon Radio-Chargeur, Eddy HALL, volontaire franco-anglais, puis a percuté la culasse de canon et est passé entre le dos du tireur CHAUVET, dont la combinaison est déchirée, et mes guêtres qui sont lacérées. HALL s’est affalé au fond du char, il a été tué net.

 

Pendant ce temps VILLETTE, le conducteur, enclenche la marche arrière, met le char à l’abri d’un second tir et a juste le temps d’actionner les extincteurs pour éteindre une flaque de gas-oil allumée par l’obus qui nous a touché.

 

Tous les valides, nous sautons hors de char et avec VILLETTE nous repérons tout de suite le canon qui nous a touché. Il est dans une cage en bois recouverte de fumier. Nous nous précipitons sur les servants qui s’enfuient. Il n’y aura aucun survivant.

Au sud, le ‘’DIXMUDE’’, char de mon adjoint, l’Adjudant chef ARNOLD, est touché par un bazooka, mais par chance ne brûle pas du fait qu’il est équipé, comme mes autres chars, de moteur Diesel.

 

Bilan du Capitaine BRANET à la fin des combats : 12 canons de divers calibres, des mitrailleuses et autres armes automatiques, une centaine de prisonnier pour un mort(HALL) et une dizaine de blessés au R.M.T. pour l’ensemble du détachement engagé pour la libération de REMONCOURT.

 

Le lendemain ma section revient à REMONCOURT pour rendre un dernier hommage à Eddy HALL, qui est inhumé dans le cimetière municipal, en présence du Capitaine BRANET et de tous les habitants du village.

                                                                               CHRISTEN-Marcel

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