HISTORIQUE ET J.M.O. DES REGIMENTS COLONIAUX
 
Période 14 - 18
 
J.M.O du 1er R.I.C.
J.M.O du 2ème R.I.C
J.M.O du 5° Régiment d’Infanterie Coloniale 1er août 1914 au 8 janvier 1915
HISTORIQUE 13 R.A.C. 1914-1918
J.M.O du 21ème RIC du 23 Janvier au 11 mars 1915
J.M.O du 22ème RIC du 22 février 1915 au 5 juin 1915
J.M.O du 22ème RIC du 6 juin au 10 novembre 1915
HISTORIQUE du 23e RÉGIMENT INFANTERIE COLONIALE
J.M.O du 24e RIC du 26 janvier au 11 mars 1915
Historique du 32ème Régiment d’Infanterie Coloniale
Historique du 34ème Régiment d’Infanterie Coloniale
Historique du 41ème RIC en 1914
 
 

RETOUR

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Historique du 2e R.I.C

Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
HISTORIQUE
du
2e Régiment d'Infanterie Coloniale
===¤===
Toutes les forces organisées de la nation sont mises
sur pied dès le 2 août 1914, pour arrêter l'envahisseur
barbare qui se préparait à violer le sol de la France.
Le 2e régiment d'infanterie coloniale est mobilisé à
Brest, sous les ordres du colonel GALLOIS, à l'effectif
de 3.326 hommes (pour la plupart Bretons d'origine) et
69 officiers.
Il quitte cette ville le 8 août 1914 et se rend en
chemin de fer aux environs de Bar-le-Duc, où il arrive
le 10 août.
Il se porte vers le nord, à Chauvency-le-Château,
par étapes, et y arrive le 17, après avoir cantonné à
Nubécourt, Souhesmes-la-Petite, Dombasle-en-
Argonne et à Liny-devant-Dun.
Le 18 août, près de Liny, à Thonne-les-Prés, le
régiment prend les avant-postes.
Le 22 août, venant de Gérouville, il parvient à
Rossignol.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
LA BELGIQUE
Combat de Rossignol (22 Août 1914)
Le 1er régiment, avant-garde, est engagé dans le bois
de Neufchâteau. Le 2e R.I.C. est immédiatement jeté
dans la bataille.
A 7 h. 15, le commandant du régiment reçoit du chef
d'état-major l'ordre de laisser deux compagnies en
soutien de l'artillerie. Les 9e et 10e, commandées par les
capitaines KERHUEL et DEBAYE, sont désignées.
A 8 heures, il est ordonné aux 11e compagnie
(compagnie PARIS de BOLLARDIÈRE) et 12e compagnie
(compagnie DARDENNE), de se placer en soutien de
l'artillerie à l'est et à l'ouest du village, face à la forêt
de Neufchâteau.
Le contact est pris partout ; les blessés refluant de
l'avant vont au château de Rossignol.
A 9 heures, les 1er et 2e régiments coloniaux, moins
la 9e compagnie du 2e, sont complètement engagés. Il
n'existe plus de réserve. Les 11e et 12e compagnies
restent les deux seules compagnies de repli. Elles font
preuve d'une ténacité et d'une endurance remarquables
empêchant durant 6 heures, par un feu continu,
l'ennemi de déboucher de la forêt de Neufchâteau.
A 9 h. 30, l'encerclement de la 1re brigade et de
l'A.D. 3 est complet. Les mitrailleuses allemandes font
rage de tous côtés.
L'ennemi se montrant très actif à l'ouest du village,
où se trouve le 1er groupe de l'A.D. 3, le commandant
du 2e colonial lance la 9e compagnie dans cette direction.
Vers 14 heures, l'ennemi dessine un mouvement
offensif de la forêt de Rossignol. Les compagnies du
3e bataillon ne cèdent le terrain que pied à pied et
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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occupent les lisières nord et ouest du village jusqu'au
moment où elles sont contraintes de se replier sur le
château, dans lequel le docteur BRESSON a établi son
poste de secours.
A 16 heures, un second mouvement offensif se
dessine. Le cercle se resserre. Rassemblant ce qui reste
de son régiment, le colonel GALLOIS lance une contreattaque
contre le mouvement offensif, mais après la
sortie du bois, il est assailli par un feu progressif
d'artillerie. Dans un nouveau bond, il recueille le
groupe du 1er colonial qui cherche à percer vers le sudest,
mais il tombe, frappé au ventre par une balle.
A 18 h. 30, les Allemands envahissent le château et
prennent pied dans le village. Le combat se ralentit.
L'ennemi nous poursuivant en progressant de plus en
plus au delà de Rossignol, craignant que le drapeau ne
tombât entre ses mains, le soldat LE GUIDEC l'enfouit
en terre à Villers-sur-Semoy pendant la traversée du
village.
La journée avait été rude pour la première prise de
contact avec l'ennemi.
Le régiment avait perdu environ 2.850 hommes, tris
sections de mitrailleuses et les convois des 1er et 2e
bataillons. Il ne restait plus que quelques groupes qui
réussirent à franchir les lignes allemandes pendant la
nuit.
Les restes du 2e R.I.C. se regroupent le 23 août à
Gérouville et prennent part à tous les replis successifs
jusqu'à la Marne.
Reformé à Ville-sur-Tourbe, le 2e R.I.C. participe à
la glorieuse bataille qui détermina l'arrêt définitif des
Allemands.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
LA MARNE
Passage de la Tourbe, Ville-sur-Toube
(du 27 Août au 16 Septembre 1914)
Commandé par le lieutenant-colonel DUDOUIS,
composé de trois bataillons à l'effectif d'environ 2.500
hommes, le régiment se dirige sur Cernay-en-
Dormois. Le passage de la Tourbe doit avoir lieu à
Ville-sur-Tourbe.
Vers 10 heures du matin, la tête du régiment arrive à
un kilomètre au sud de Ville-sur-Tourbe sur la
grand'route. Le village était déjà en proie aux flammes.
« J'eus l'impression très nette (écrit le commandant
FLEURY dans son rapport), que cet incendie très limité
pouvait être un signal. En effet, une vive canonnade
accueillit la colonne. Une légère panique se produisit.
Une partie du bataillon continua sa route sur le village.
D'autres hommes se replièrent derrière le mamelon de
Montremoy ; d'autres enfin, allèrent jusqu'à Berzieux.
La canonnade se fit de plus en plus vive. L'ordre nous
arriva de déboucher de Ville-sur-Tourbe. Le
mouvement ne put se faire convenablement avant la
nuit, le débouché du village étant couvert d'obus. Vers
19 heures, profitant de la nuit, les bataillons purent
franchir la Tourbe et en déboucher. Ils reçurent l'ordre
de continuer leur route par la lisière ouest du bois de
Ville, la ferme de Touanges et ultérieurement sur
Cernay-en-Dormois. les trois bataillons se perdirent
dans l'obscurité. »
Le chef de bataillon FLEURY est chargé par le
lieutenant-colonel DUDOUIS de se mettre à leur
recherche. Ayant pris un guide, il se fait accompagner
par un caporal et dix hommes du 1er régiment. Il passe
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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une partie de la nuit à battre le bois de Ville et le terrain
à l'ouest ; vers 23 heures, il retrouve enfin les
bataillons, qui avaient pris le bivouac dans les environs
de la ferme de Touanges, et les ramena à Ville-sur-
Tourbe.
Quelques coups de fusil partaient des étangs près de
la cote 150, mais le détachement n'est pas sérieusement
reconnu par les quelques petits postes allemands qui
gardaient les lignes ennemies. Le lendemain au point
du jour, l'ordre est donné au régiment de reprendre sa
mission. La 7e compagnie avait reçu du colonel
commandant la brigade une mission spéciale au nord de
Ville-sur-Tourbe. Bientôt le bataillon de tête est obligé
de suivre rigoureusement la lisière, car de la cote 148,
où une batterie de campagne allemande s'était établie,
partait un feu très vif. Beaucoup d'hommes tombaient.
Le moindre mouvement, même de groupes de peu
d'importance cherchant à progresser, était
immédiatement le signal d'une salve très précise.
Le village de Servon qui, le matin, était occupé par
de faibles fractions du 2e corps, est vers 15 heures,
occupé par un détachement allemand de toutes armes.
L'artillerie allemande semble se diriger vers le sud du
bois de Cernay. L'infanterie dessine un mouvement en
avant très net et la fusillade commence.
Nos hommes n'avaient pu faire de tranchées, n'ayant
pas d'outils portatifs.
A ce moment, le lieutenant-colonel DUDOUIS tombe
frappé d'une balle en pleine poitrine.
L'ordre de maintenir la position coûte que coûte est
donné et des compagnies sont envoyées au sud-est du
bois avec mission de répondre à une attaque qui semble
venir du côté de Servon et menacer Ville-sur-Tourbe
(station).
En attendant que la brigade PUYPEROUX puisse
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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entrer en ligne, les troupes bivouaquèrent dans le bois
et sous une pluie battante, sans vivres, au milieu des
cris des blessés.
L'artillerie du bois de Cernay augmenta la gravité
de la situation vers 19 heures, en bombardant fortement
la lisière est du bois de Ville, où des patrouilles
allemandes avaient été signalées.
Une légère panique se produisit ; des sections refluèrent
vers le sud et vers la station de Ville-sur-Tourbe.
Vers 3 heures du matin, les restes du régiment
reçurent l'ordre de se diriger vers Barzieux en évitant
Ville-sur-Tourbe, où le bombardement allait
recommencer.
Les hommes étaient exténués et les pertes très
sérieuses.
Le 17 septembre 1914, le régiment est reconstitué à
deux bataillons. Il forme, avec six compagnies du 1er
régiment, un groupe spécial à la disposition du général
commandant le corps d'armée colonial, sous le
commandement du colonel GUÉRIN.
Le 18 septembre, les 1er et 2 régiments sont félicités par
le général GOULLET, commandant la D.I., pour leur
belle attitude au cours des combats des 14 et 15
septembre au bois de Ville.
MINAUCOURT
(26 Septembre 1914)
Le 25 septembre 1914, le 1er bataillon est placé en
première ligne.
Le 2e bataillon avait été envoyé à Minaucourt pour
exécuter des travaux de tranchées. Il était à la
disposition du général CAUDRELIER, commandant la 6e
brigade.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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Des attaques générales s'étant produites sur ce point,
il devint nécessaire d'utiliser comme combattants, les
hommes de ce bataillon. Les 5e, 6e et 7e compagnies
prirent part à ce glorieux épisode.
Le 26 septembre, à 5 h. 30, ordre est donné à la 5e
compagnie de se porter au sud de la crête située à 900
mètres au nord de Minaucourt et à 200 mètres à l'ouest
de la route de Minaucourt – Massiges.
Vers 8 heures, elle se trouve mélangée avec le 24e
colonial et reçoit l'ordre de se mettre à la disposition du
lieutenant-colonel commandant le régiment.
A 9 heures, la compagnie était rattachée au 1er
bataillon, qui devait se porter sur Beauséjour.
A 9 h. 30, elle reçoit l'ordre d'attaquer par la croupe
située à l'ouest de la cote 180. Le mouvement
commence à 9 h. 45.
Le capitaine BOLLET a l'ordre d'attaquer vers le
versant sud.
Arrivé à la crête, le mouvement est arrêté par un feu
violent. Il était 14 h. 30.
Vers 14 h. 45, le mouvement peut continuer.
A 16 heures, le capitaine BOLLET se porte lui-même
courageusement vers le point le plus dangereux, battu
par des mitrailleuses. Il tombe grièvement blessé d'une
balle au ventre. Il refuse d'être soigné et montre du
doigt la direction de l'ennemi (évacué à Saint-Jeansur-
Tourbe, il expirait à 22 heures).
Cependant, la compagnie DOLFUS, du 22e colonial,
progressait. L'ennemi quittait ses tranchées et en
gagnait d'autres, à hauteur du Calvaire.
Vers 17 h. 40, soixante soldats allemands venaient se
constituer prisonniers.
Le 4 octobre, le régiment est en réserve d'armée.
Le 8 octobre, le chef de bataillon DUCARRE prend
provisoirement le commandement du 2e R.I.C.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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Le 10 octobre, l'état-major du régiment se rend à
Virginy-Massiges en vue de la relève du 4e R.I.C., sur
les positions qu'il occupe en face des Allemands.
Le 14 octobre, le régiment est en ligne et fait des
travaux de renforcement.
De nombreux coups de feu sont tirés par l'ennemi sur
nos tranchées pendant le jour.
Une attaque allemande est annoncée pour cette nuit
par le commandant de la brigade.
Vers minuit, une violente fusillade de la part des
Allemands ; plusieurs centaines de fantassins ennemis
paraissent prêts à exécuter un mouvement sur nos
positions. Ils sont soutenus par un feu violent
d'artillerie.
Nos lignes sont éclairées par des projecteurs et aussi
par des fusées.
Une fusillade nourrie de notre part et l'appui de notre
artillerie de campagne, arrêtent l'élan de l'ennemi qui,
au bout d'une heure d'efforts, paraît renoncer à son
projet d'attaquer sur le secteur occupé par le 2e R.I.C.
Les pertes de l'ennemi doivent être assez sensibles, à
en juger par les armes, les outils et les effets retrouvés
en avant de notre réseau de fil de fer et aussi par
quelques cadavres allemands abandonnés au même
endroit.
Le lieutenant-colonel RUEFF prend le commandement
du régiment.
Du 19 au 24 octobre, le régiment est en réserve
d'armée à Cuperly.
Le 3 novembre, tout le régiment se trouve en ligne. Il
hérite d'une situation très difficile. Les tranchées sont
insuffisantes et leur tracé est très compliqué et battu
d'enfilade.
Le lieutenant GUIRAUD, commandant la 11e
compagnie, est tué en faisant sa reconnaissance.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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Après avoir perdu quelques éléments de tranchées, le
régiment est relevé le 9 novembre. Les hommes sont
complètement privés de sommeil et mal nourris, leur
fatigue est extrême.
Le régiment a organisé le secteur. Il a eu des pertes
sensibles. Harcelés par le tir ennemi, épuisés par la
fatigue, les soldats ont fait tous leurs efforts pour
améliorer la situation en faisant de nombreux travaux
d'aménagement.
A l'heure actuelle, il n'y a plus aucune solution de
continuité dans la ligne du secteur de liaison et les
tranchées sont solides.
BOIS DE LA GRUERIE (Argonne)
(Novembre et Décembre 1914)
Le 14 novembre 1914, le 1er bataillon, commandé
par le chef de bataillon DUCARRE, va occuper la partie
est du secteur « Four de Paris ».
Le 17 novembre, le 1er bataillon rejoint le 2e
bataillon, qui a perdu un élément de tranchée et doit le
reprendre.
L'opération réussit et des travaux de fortification en
vue de prévenir un retour offensif de l'ennemi sont
commencés.
Le 21 novembre, le régiment est relevé et va
cantonner à Chaudefontaine, où il reste jusqu'au 27
novembre. Les officiers et les hommes tombent de
fatigue.
Le 28 novembre, le régiment est à nouveau en
tranchées.
Le 4 décembre, vers 11 heures, un groupe de 120
fusils est constitué sous les ordres du capitaine
LARBALÉTRIER, afin de s'opposer aux infiltrations
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d'éléments ennemis (forces inconnues) qui ont enfoncé
la ligne du 91e de ligne vers le ravin occidental de la
Fontaine-aux-Charmes.
Peu après avoir débouché des tranchées du 128e, le
groupe est accueilli par le feu de l'ennemi qui occupe la
crête opposée au ravin à 400 mètres de distance ; nous
subissons quelques pertes.
Le groupe LARBALÉTRIER occupe la crête nord face
à l'ennemi et est bientôt rejoint par des fractions du
147e, en compagnie desquelles il participe, vers 16
heures, à l'attaque des tranchées ennemies.
Le groupe LARBALÉTRIER se place à cet effet sous
les ordres du chef de bataillon PALLENET, du 91e de
ligne, qui dirige l'attaque des deux compagnies du 147e
de ligne.
Il est placé en soutien. L'attaque échoue.
Le 5 décembre, à 3 heures, l'attaque est reprise ; Le
groupe LARBALÉTRIER prolonge la ligne du 147e.
A gauche, une section progresse jusqu'à 10 mètres
des tranchées mais, non secondée par le 87e qui na pas
pu s'avancer aussi près des tranchées, les éléments
coloniaux ne peuvent que s'accrocher au sol.
L'attaque reprend à 5 heures.
La première ligne renforcée n'est plus qu'à quelques
mètres des tranchées. Elle est arrêtée par un réseau de
fil de fer et définitivement brisée.
Le commandant PALLENET donne l'ordre au groupe
LARBALÉTRIER de rompre et d'aller s'établir sur la crête
occidentale du ravin.
Le commandant DUCARRE prolonge le groupe
LARBALÉTRIER à l'aide d'une compagnie du 51e de
ligne, restée en réserve et prescrit à chacun d'eux de se
couvrir à l'aide d'une série de petits postes qui vont
s'enterrer peu à peu à 100 mètres en arrière de la crête,
de façon :
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1° A empêcher toute infiltration et toute attaque ;
2° De créer le prolongement d'une ligne de tranchées
qu'il appartiendra à des travailleurs spéciaux d'exécuter
pendant la nuit, car la fatigue des coloniaux est
extrême.
Dans la nuit du 6 décembre, s'effectue la relève par
le groupe LARBALÉTRIER, de la 5e compagnie du 91e de
ligne, coupée de son régiment et qui s'est rabattue sur la
droite du 3e bataillon du 87e.
Le groupe LARBALÉTRIER se fortifie sur la position
qu'il occupe, en oblique, entre les deuxième et
troisième lignes, à quelques centaines de mètres de
l'ennemi qui, de deux directions différentes, bat cette
zone de feux de mousquèterie et de mitrailleuses. Le
génie n'a pu y commencer les travaux qu'en sape.
De 16 heures à 19 heures s'effectue la relève très
pénible, très périlleuse, des éléments du groupe
LARBALÉTRIER.
Du 23 au 26 décembre, le 1er bataillon est détaché au
près de la 3e D.I. et se rend dans le secteur de la
Fontaine-aux-Charmes.
Le 23 décembre, à 8 heures, la 1re compagnie est
engagée en renfort du bataillon de droite, où elle est
chargée de s'installer à la place d'une compagnie du 87e
de ligne, qui s'est laissée refouler par les Allemands
dans les tranchées.
La situation est difficile.
Des travaux de terrassement sont entrepris pendant
la nuit pour barrer les trouées faites par l'ennemi.
Le 24 décembre, le 87e cède encore du terrain. La 1re
compagnie bouche une partie des tranchées occupées et
s'installe en arrière. Elle y est contrainte par suite du
mouvement de retraite du 87e de ligne.
Le 25 décembre, l'ennemi est toujours très actif.
Les 1re et 2e compagnies se maintiennent sur leurs
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positions et font subir des dommages sensibles à
l'ennemi à l'aide d'heureux lancements de bombes et du
tir d'une mitrailleuse.
Le bataillon est relevé le 26 décembre et va
cantonner à Vienne-le-Château. Il cesse d'être détaché
auprès de la 3e D.I. et passe en réserve du 2e C.A. à
Chaudefontaine.
Le 26 décembre 1914, le général CORDONNIER,
commandant par intérim la 3e D.I., adresse ses
félicitations aux bataillons coloniaux qui « ont apporté
à la 3e D.I., dans les bois de la Gruerie, l'aide la plus
efficace, du 21 novembre au 26 décembre 1914 et ont
servi d'exemple par leur tenue au feu, leur activité
intelligente, leur mépris des fatigues et leur mordant ».
ATTAQUE DU BOIS BAURAIN (Argonne)
(14 Juillet 1915)
Le lieutenant-colonel RUEFF passe le
commandement du régiment au colonel MOREL, le 18
novembre 1914.
Le régiment reste dans le secteur de Servon jusqu'au
8 juin.
Il reste cinq jours en première ligne et cinq jours au
repos. C'est le 1er R.I.C. qui le relève et qu'il va relever
tous les cinq jours.
Il ne se passe pas d'évènements très importants, sauf
le 29 janvier 1915, où le 3e bataillon est alerté et
engagé dans la partie sud-ouest du bois de la Gruerie
pour coopérer avec la 40e D.I. à une contre-attaque
dirigée contre les Allemands qui ont pris des tranchées.
Du 8 juin au 6 juillet, le régiment profite d'un repos
bien mérité, à la Neuville-au-Bois.
Du 6 juillet au 13 juillet, le régiment se prépare à
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s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
attaquer dans le secteur du bois Baurain.
Le 13 juillet au soir, les troupes d'attaque occupent
leurs positions de combat, dans le but de les
reconnaitre. Le mouvement terminé vers 20 heures, les
troupes reprennent leurs positions de départ.
Le 14 juillet, à 4 heures du matin, les bataillons
d'assaut sont à leurs postes.
A l'heure prescrite (8 heures), ils s'élancent à l'assaut
des positions ennemies.
Le lieutenant-colonel MOREL fait sur le combat du
bois Baurain, le récit suivant :
« Le 2e R.I.C. reçoit l'ordre de participer, le 14 juillet
1915, à une attaque sur les lignes allemandes situées
entre le saillant de la route Servon – Pavillon et le
bois Baurain inclus.
« Le 2e R.I.C. est à l'aile gauche de la 15e D.I.C., son
flanc couvert seulement par l'artillerie du 15e C.A.
« La direction générale de l'attaque, le but à atteindre
par la brigade coloniale, le dispositif initial résultant
des travaux de terrassement effectués,sont prescrits par
l'ordre particulier n° 85 en date du 13 juillet 1915, du
colonel commandant la 1re B.I.C. »
En outre, le lieutenant-colonel commandant le 2e
R.I.C. doit « prendre ses dispositions, pour parer le cas
échéant, aux opérations que l'ennemi pourrait tenter du
côté extérieur (ouest) ».
Le lieutenant-colonel commandant le régiment
précise la mission, l'objectif du 2e R.I.C., la zone
d'action des bataillons ainsi qu'il suit :
« Il s'agit (l'attaque a lieu avec deux bataillons en
première ligne et un bataillon en soutien) pour les deux
bataillons de tête de prendre pied le plus rapidement
possible dans la première ligne allemande et, si
possible, dans la deuxième ligne, de s'y installer, de s'y
organiser, de s'y relier avec l'arrière, de se garantir
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contre toute contre-attaque ennemie, puis, de procéder à
un nouveau bond en avant, le bataillon LOZIVIT
(bataillon de tête de gauche) formant barrage vers
l'ouest et le nord-ouest.
Cet officier supérieur ayant une attention toute particulière
à couvrir son flanc gauche, il disposera pour
former l'échelon en arrière et dans des conditions nettement
déterminées, d'une compagnie et d'une section de
mitrailleuses du bataillon d'occupation des tranchées
(1er bataillon du 1er R.I.C.).
En ce qui concerne le bataillon de soutien, le chef de
corps réserve une compagnie pour renforcer sa gauche,
car celle-ci forme pivot du mouvement et le saillant
allemand à attaquer est un point important, car il est
construit sur un mamelon, de faible relief il est vrai,
mais commandant tout le terrain aux alentours.
La compagnie de droite est également réservée pour
couvrir la droite de l'attaque, l'élément encadrant se
trouvant en face d'une position sur laquelle la progression
est une opération des plus délicates et difficiles.
Le régiment attaque dans la direction sud-nord. Le
bataillon LOZIVIT prend comme objectif, le saillant ; le
bataillon STIEGLITZ, le bois Baurain jusqu'à l'organe
de flanquement inclus à l'ouest de ce bois.
Dispositif. - Les deux bataillons de tête sont accolés,
chacun d'eux est sur deux lignes. Le bataillon de queue
est sur une seule ligne. Chaque compagnie est en ligne
déployée. La première vague comprend les grenadiers,
cisailleurs, troupes d'assaut, fractions de la garnison de
la ligne ennemie à conquérir, grenadiers de nettoyage
de ces tranchées. La deuxième vague constitue une
ligne de renfort ; derrière elle, marchent quatre groupes
de travailleurs (génie, pionniers d'infanterie). La
troisième vague constitue une ligne de renfort ou de
manœuvre. Mais il y a lieu de remarquer que deux de
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ces compagnies sont réservées pour la protection des
ailes.
Mesures préparatoires. - L'artillerie doit exécuter
dans les réseaux de fil de fer treize passages : sept
devant le bataillon de gauche et six devant le bataillon
de droite.
Dans la nuit qui précède l'attaque, le chef de corps
fait pousser un boyau vers un petit mouvement de
terrain marqué par une touffe d'arbres et une haie au
nord-nord-est du bois 16, mouvement de terrain sur
lequel il prescrit de diriger à la suite de la première
vague, deux sections de mitrailleuses pour appuyer de
ce point la progression de la gauche du bataillon
LOZIVIT, en prenant d'écharpe et d'enfilade les
tranchées allemandes.
A droite, une section de mitrailleuses est placée au
milieu de la nuit dans le secteur du 173e de ligne, pour
effectuer un septième passage à travers les réseaux de
fils de fer, pour le bataillon de droite.
L'attention des chefs de bataillon est appelée sur la
forme de la ligne d'attaque, sur celle de la ligne
allemande, sur la nécessité d'orienter convenablement
les renforts.
Heure de l'attaque. - A 8 h. 30, sans autre avis, les
troupes doivent déboucher en même temps en colonnes
par deux pour pouvoir cheminer à travers les coupures
du réseau français.
Exécution de l'attaque. - Les troupes de la première
vague, suivies à courte distance par celles de la
deuxième, débouchent à l'heure prescrite sans
hésitation, dans un ordre, un calme parfaits et avec un
entrain admirable.
A peine ont-elles dépassé les crêtes, qu'elles sont
accueillies par des tirs de barrage, puis par des feux de
mitrailleuses agissant de flanc ou d'écharpe. Elles
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franchissent sans arrêt les défenses accessoires de la
première ligne complètement bouleversée et la
deuxième ligne fortement endommagée ; certaines
portions plus ou moins intactes permettent aux
défenseurs d'offrir en ces points une certaine résistance.
Entrainées par leur élan, elles franchissent la
troisième ligne ; la gauche s'y établit, le centre continue
à progresser dans la direction de Binarville, atteint le
fond du ravin de la Noue-Dieusson ; la droite enlève
les deux premières lignes de tranchées, pénètre dans le
bois Baurain. Le capitaine PETITJEAN, de la
compagnie de droite, fait mettre en état de défense les
première et deuxième lignes de tranchées allemandes.
A 8 h. 35, le chef de corps donne l'ordre aux deux
compagnies du centre de la troisième ligne de s'engager
dans le centre du dispositif, pour établir la liaison entre
la gauche et la droite, les unités du centre ayant disparu
dans le ravin.
A 9 h. 5, il signale au général de brigade la nécessité
et l'urgence de nourrir l'attaque.
Pendant ce temps, les Allemands massés d'une part,
derrière un petit bois situé à l'ouest-nord-ouest de la
Noue-Dieusson, se portent en avant à la contre-attaque
contre nos éléments de gauche qui retournent la
troisième ligne allemande.
Ce groupe, débordé par sa droite et par sa gauche,
bousculé et ramené en arrière, est obligé d'évacuer le
saillant, mais grâce à l'appui d'une partie de la
compagnie disponible du bataillon d'occupation des
tranchées, ces divers éléments se cramponnent au
mouvement de terrain en arrière du bois 16, d'autre part
par le feu des fractions de première ligne (tranchées
20-21) arrêtent les Allemands qui se sont avancés
jusque sur la route de Servon, entre notre tranchée 21
et le saillant. Cet incident a lieu à 9 h. 15.
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A droite de notre secteur, le 173e de ligne n'a pu
déboucher. Il est nécessaire de couvrir la droite de la
compagnie PETITJEAN qui se trouve en l'air.
A cet effet, la compagnie TARQUINY, du bataillon de
soutien, est engagée dans les traces de la compagnie
PETITJEAN avec ordre d'appuyer sa droite.
Au prix de nombreuses pertes, la compagnie TARQUINY
atteint la première ligne allemande et s'y jette.
Vers 10 h. 15, le lieutenant-colonel commandant le
2e R.I.C. reçoit comme renfort, deux compagnies du
bataillon SCHIFFER.
Il prescrit à l'une de ces compagnies (la compagnie
BARRAUD) de se placer dans le boyau 19-20 et dans la
tranchée 20 ; à la compagnie BERDUREAU de se placer
dans les boqueteaux à la clairière 18-19. Il fait remettre
de l'ordre dans les unités ramenées et prescrit à toute
cette ligne, sous les ordres des chefs de bataillon
CHAMPEL et LOZIVIT, de progresser jusqu'à la crête
militaire, c'est-à-dire à proximité de la route de Servon,
de s'y enterrer et de se tenir prête à pousser une
nouvelle attaque sur la première ligne allemande, de
façon à établir la liaison avec les unités qui occupent la
lisière du bois Baurain, comptant que des renforts
sérieux seraient placés en arrière et qu'une nouvelle
attaque serait montée.
On n'a plus de nouvelles des unités du centre qui se
sont engagées à gauche des compagnies PETITJEAN et
CHAUVEUR.
Le mouvement en avant, auquel participe la compagnie
ANGELI, compagnie de gauche du bataillon de
soutien, commence à 11 h. 15 et est terminé vers midi.
A ce moment, tout le 2e R.I.C. et deux compagnies
de renfort du 1er R.I.C., moins un peloton ont été
engagés. Les unités ainsi placées sont soumises pendant
tout le cours de la journée à un violent feu d'artillerie,
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de front et d'enfilade.
Les Allemands ont accumulé des mitrailleuses dans
les mouvements de terrain avoisinant le « Chêne » et
rendent infranchissable le terrain qui sépare la lisière
sud du bois Baurain de nos lignes. Après plusieurs
tentatives infructueuses, une liaison peut être établie par
un soldat entre le groupe PETITJEAN – CHAUVEUR –
TARQUINY et notre première ligne.
Deux boyaux d'accès sont commencés de notre côté
et poussés au devant de deux boyaux d'accès commencés
par les troupes qui occupent la lisière sud du bois
Baurain. Ce travail qui doit être fait en sape, est gêné
par les Allemands qui accumulent dans cette région,
des feux d'artillerie, de minenwerfer et de mitrailleuses.
Vers 17 h. 30, le bataillon SOUBIRAN est engagé à
droite dans la direction du saillant du « Chêne ». Il est
repoussé avec de lourdes pertes.
A la nuit, le commandant STIEGLITZ peut se rendre
en rampant jusqu'à la tranchée occupée par la
compagnie PETITJEAN pour examiner la situation. Il
peut même faire procéder à un ravitaillement partiel en
pétards, cartouches et eau, mais les Allemands, à la
faveur de la nuit, font tous leurs efforts pour chasser ce
groupement de leurs positions, attaquant de front et sur
le flanc gauche (ouest).
Ils parviennent à séparer la compagnie TARQUINY
de la compagnie PETITJEAN. Leurs progrès deviennent
tellement sérieux que le chef de corps, sur demande du
capitaine PETITJEAN, fait déclencher un tir d'artillerie
sur les tranchées occupées par nos éléments du bois
Baurain.
Vers 0 h. 30 arrive en renfort une compagnie du
155e de ligne.
Après en avoir conféré avec le commandant
STIEGLITZ, le chef de corps décide qu'une section fera
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barrage à droite dans le boyau d'extrême droite,
transformé en tranchée et que les deux autres sections
en échelons, la droite en avant, portées en avant de la
tranchée, empêcheront le capitaine PETITJEAN d'être
tourné par l'ouest.
Mais ce mouvement ne peut avoir lieu, car la
compagnie nouvellement arrivée n'a pas d'outils, elle ne
connait pas le terrain et la nuit est très noire.
Enfin, vers 3 heures du matin, les Allemands se
lancent en masse sur le groupe PETITJEAN qui, avec
une soixantaine d'hommes, parvient à se faire jour
jusqu'à nos lignes.
Quant à la compagnie TARQUINY, l'ennemi a pu
occuper le boyau que celui-ci poussait au devant du
notre et désormais cette fraction, réduite à une trentaine
d'hommes, est complètement cernée. Vers 7 heures du
matin, toute résistance du groupe TARQUINY semble
avoir complètement cessé.
Dans ces combats du bois Baurain, le régiment a eu
28 officiers et 1.322 hommes tués, blessés ou disparus.
Le régiment a fait une trentaine de prisonniers
appartenant à cinq régiments différents.
Le 15 juillet, les débris du régiment tiennent toujours
le secteur Y, renforcés par deux compagnies du 155e
de ligne à droite et deux compagnies du même régiment
à gauche.
Le régiment est relevé le 16 et va au repos à la
Neuville-au-Pont, où il reste jusqu'au 26 juillet pour se
réorganiser.
Le bataillon STIEGLITZ se rend dans le secteur 188
le 27 juillet, relever un bataillon du 5e R.I.C. dans le
centre de résistance A.
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ARGONNE
(Juillet et Août 1915)
Journée du 11 août. - Le 1er bataillon de 2e R.I.C.,
composé des compagnies LARBALÉTRIER (1re),
PETITJEAN (2e), CHAUVEUR (3e), DAYRE (4e), à
l'effectif moyen de 160 fusils, venait de passer six jours
en première ligne dans le centre de résistance A, où il
avait eu à repousser une petite attaque allemande, et
avait été relevé dans la nuit du 10 au 11 août. Il
occupait les abris Territoriaux et Houyettes, lorsque
commença l'attaque ennemie du 11 août sur les centres
B et C.
La canonnade devenant intense, le chef de bataillon
alerta son bataillon ; il était donc prêt à partir, lorsque
parvint, vers 8 heures, l'ordre suivant du colonel
BERTIN, commandant le secteur de la 15e D.I.C. :
« Portez-vous le plus rapidement possible vers le haut
du ravin des Houyettes, les Allemands ont forcé la
tranchée du Pavillon en C et tentent de tourner
Rondinage ».
Le colonel BERTIN m'ayant fait téléphoner (écrit le
chef de bataillon STIEGLITZ) que le général
commandant la D.I. l'autorisait à user directement des
troupes en réserve de D.I. (mon bataillon en était),
j'exécutai aussitôt l'ordre reçu et arrivai de ma personne
vers 8 h. 30 au P.C.C. (chef de bataillon SAILLENS, du
6e R.I.C.).
Le commandant du centre C me pria de lui donner
sans retard deux de mes compagnies. La compagnie
LARBALÉTRIER fut immédiatement portée en première
ligne pour renforcer la compagnie MANGIN (4e du 6e
R.I.C.) en C2 ; la compagnie PETITJEAN en soutien
pour renforcer la compagnie LE BELLOUR (3e
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compagnie du 6e R.I.C.) dans la tranchée dite de
réserve. Les deux autres compagnies en position
d'attente sur le chemin de rondins du ravin des
Houyettes, la tête au poste de secours avec le
commandant du 1er bataillon.
Ces dispositions initiales prises, le chef de bataillon
reçut du colonel BERTIN l'ordre suivant : « Vous serez
sous les ordres du colonel DUHALDE, du 6e colonial,
pour établir la communication avec le commandant
SAILLENS et pour permettre à ce dernier de procéder à
une contre-attaque en avant de B. Les Allemands
occupent un élément de la tranchée du Pavillon, à la
droite du fuseau A ».
D'autre part, le colonel GUÉRIN, commandant la 1re
B.I.C., confirmait ces ordres. Enfin, le lieutenantcolonel
DUHALDE me faisait connaître que mon bataillon
était à la disposition du commandant SAILLENS.
Ce dernier officier supérieur me demanda, vers 9
heures, d'envoyer le capitaine DAYRE à la disposition
du lieutenant-colonel DUHALDE pour coopérer aux
contre-attaques dans B et pour établir la liaison avec le
fuseau B2 tenu encore à ce moment par le capitaine
MARION, du 6e R.I.C.
La compagnie CHAUVEUR devait être placée dans le
boyau qui relie le poste de secours du chemin des
Rondins au P.C.C., sa tête devant le P.C. ; enfin, la
compagnie PETITJEAN devait renforcer par un peloton
la compagnie BOLAU (2e du 6e R.I.C.) en C3, ne conservant
plus qu'un peloton dans la tranchée dite de réserve.
Ces ordres furent exécutés aussitôt.
Vers 9 h. 30, le capitaine LARBALÉTRIER qui
renforçait en C2, fut chargé par le commandant
SAILLENS de contre-attaquer à la baïonnette des
Allemands qui s'avançaient par un boyau vers nos
tranchées en se couvrant par une pluie de pétards.
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La section du sous-lieutenant LAGARDE s'élança
hardiment en avant, mais seuls, cet officier et trois
hommes atteignirent l'ennemi dans son boyau, le reste
de la fraction ayant été arrêté après des pertes
relativement fortes, par des feux d'une mitrailleuse
allemande. Ils furent aussitôt blessés et pris, à
l'exception d'un homme, qui put rentrer dans nos lignes.
La section de l'adjudant ROGUET, envoyée pour
soutenir la section LAGARDE subit aussi des pertes
sensibles et dut rentrer dans la tranchée. Le mouvement
offensif de l'ennemi était d'ailleurs suspendu.
Pendant ce temps, le capitaine DAYRE renforçait B3
par un peloton (Sections du sous-lieutenant ADANI et
du sergent de JONQUIÈRES) et se ravitaillait en
munitions, tandis que l'autre peloton (sections du
lieutenant DEMILLY et du sergent BERCEGEAY) prenait
position à l'extrémité est de la tranchée Pavillon, à la
gauche des vestiges de la compagnie CLERC, du 6e
colonial.
Dans la matinée du 11 août, la section de l'adjudant
LANUGUE, de la compagnie PETITJEAN, fut appelée de
la tranchée dite de « Réserve » au fuseau C1 pour
renforcer la compagnie ALBRECHT, du 6e colonial, et
maintenir ainsi la liaison avec B3.
Dans l'après-midi, la section du sous-lieutenant LE
BRIS, de la compagnie LARBALÉTRIER, s'installait dans
les trous d'obus et rétablissait ainsi la liaison entre C1 et
C2.
Dès ce moment, une ligne continue reliait B3 à C3 et
la fin de la journée se marquait par le gain en C3 de
quelques éléments de boyaux conquis à coups de
pétards et l'organisation dans ce même fuseau de
quelques barrages défensifs.
Journée du 12 août. - Dans la nuit du 11 au 12 août,
le commandant SAILLENS communiqua au
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commandant STIEGLITZ des messages téléphoniques du
général commandant la IIIe armée et du colonel
commandant le secteur prescrivant de chasser un petit
groupe ennemi qui se serait terré dans le boyau faisant
communiquer les tranchées est-ouest et Pavillon d'une
part et le P.C.C. d'autre part.
Il le pria d'organiser l'attaque de front du dit boyau et
mit à sa disposition un groupement composé d'un
peloton de la compagnie DAYRE (lieutenant DEMILLY
et sergent BERCEGEAY), de la compagnie
LEBARBENCHON (150 fusils du 1er R.I.C.), de la
fraction du sous-lieutenant HUCHET (15 fusils du 6e
R.I.C.), enfin deux sections de la compagnie
CHAUVEUR (sous-lieutenants CLOAREC et LÉVÊQUE).
Les ordres provenant de la IIIe armée se basaient sur
les renseignements donnés par le commandant
SAILLENS aux termes desquels le groupe ennemi à
expulser était peu nombreux et plutôt disposé à se
rendre qu'à se défendre.
Ces ordres d'attaque vigoureuse et surtout rapide,
donnés pour que cet ennemi fatigué n'ait pas le temps
de se ressaisir et de s'organiser défensivement, furent
du reste confirmés au commandant STIEGLITZ par un
capitaine de l'état-major de la IIIe armée.
Le commandant STIEGLITZ combina une attaque à
coups de pétards sur chacune des extrémités du boyau
et une attaque de front venant de l'est sur le boyau.
Elles furent exécutées le 12 août, vers 2 h. 45.
Une demi-section du lieutenant CHAUVEUR attaqua
le barrage qui avait été reconnu au nord du boyau, une
demi-section du capitaine DAYRE celui du sud ; chacun
disposait d'une demi-section destinée à renforcer ou à
occuper la portion du boyau conquise ; le reste de la
force mise à la disposition du commandant STIEGLITZ
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
attaqua de front.
La première tentative exécutée pourtant avec
énergie, échoue : l'attaque du barrage nord, qui était la
plus facile, manquait de bons grenadiers (le 2e R.I.C. a
perdu ses meilleurs éléments de l'espèce le 14 juillet
dernier). L'attaque du barrage sud se heurta à une
organisation défensive sérieuse (blockhaus,
mitrailleuse, lance-bombes) ; l'attaque de front
progressa jusqu'au layon Servon-Bagatelle, fit , en
subissant des pertes, un deuxième bond, jusqu'à une
ligne jalonnée par des trous d'obus, mais ne put
dépasser effectivement cette ligne au delà de laquelle se
trouve une zone d'arbres abattus et hachés par les obus ;
zone où la marche est difficile et où les assaillants
recevaient du boyau ennemi, une avalanche de
grenades, pétards, bombes et rafales de mitrailleuses.
Une deuxième attaque sur ce boyau fut faite vers 14
heures, le 12 août, après que l'action sur le barrage nord
eut progressé, grâce à l'énergie déployée
personnellement par le lieutenant CHAUVEUR qui,
lançant lui-même des grenades et pétards et employant
des mortiers de 70 et 90, démolit ce barrage, refoule
l'ennemi sur une longueur d'environ 60 mètres de boyau
et le força à reculer d'autant son organisation défensive.
En même temps, les fractions du capitaine DAYRE
qui, dans la matinée avaient fait un barrage en face de
celui organisé au sud par l'ennemi, ne parvenaient qu'à
rapprocher un peu plus ce barrage du blockhaus
allemand.
Voulant profiter du succès du lieutenant CHAUVEUR
et de la ténacité du capitaine DAYRE, le commandant
STIEGLITZ, en conformité des ordres de l'armée et des
autorités intermédiaires, lança une deuxième fois de
front, le reste de son groupement qui, malgré
l'expérience précédente, se lança avec la plus grande
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vigueur, mais échoua pour les mêmes raisons que le
matin.
Le groupe d'attaque se replia dans sa tranchée de
départ, tout en se couvrant par des postes installés au
layon Servon -Bagatelle.
Elle avait subi de fortes pertes ; l'effectif de la compagnie
LEBARBENCHON était alors réduit de moitié.
Les vestiges de la compagnie ANGELI (7e du 2e
R.I.C.), installée dans la tranchée Pavillon, à l'ouest du
boyau, pour prendre à revers, le cas échéant, les
Allemands chassés du boyau, n'eurent pas à intervenir.
Journée du 13 août 1915. - Dans la nuit du 12 au 13,
profitant de ce qu'une attaque lancée par le
commandant SAILLENS avait pu franchir le boyau dans
sa partie nord et de ce que la compagnie PLAT (9e du 2e
R.I.C.) était disponible, une troisième attaque fut
conduite sur la partie centrale et la partie sud du boyau ;
elle subit le même sort que les deux premières.
Ces trois attaques avaient du moins permis de
constater que la portion du boyau où les Allemands
avaient été refoulés par l'action du lieutenant
CHAUVEUR sur le barrage nord, était occupée par une
force ennemie que, vu le front d'où partaient les feux et
vu la densité de ces feux, le commandant STIEGLITZ
évalue à environ 200 hommes décidés, bien armés, bien
retranchés, bien approvisionnés et réapprovisionnés, ce
qui implique que le boyau attaqué était réuni à la zone
occupée solidement par les Allemands dans la région
nord du centre B, ou plus au nord encore.
Ces constatations permirent au commandant
STIEGLITZ de fixer de façon certaine le lieutenantcolonel
DUHALDE et le commandant SAILLENS sur les
moyens à donner aux troupes chargées de réduire le
groupe ennemi dont il s'agit. Le lieutenant-colonel
DUHALDE prescrivit alors de renoncer à toute attaque
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
de front, de n'attaquer que par les barrages et de
commencer contre le barrage sud une galerie de mine.
La force d'attaque confiée au commandant
STIEGLITZ eut à supporter dans ses tranchées, dans la
journée du 12, un violent bombardement (cal. 150 et
210) qui causa des pertes et atteignit les nouvelles
tranchées commencées pour relier la tranchée Pavillon
au P.C.C., selon un tracé parallèle au boyau ennemi
(travail achevé au moment de la relève).
Le commandant STIEGLITZ ayant quitté le
commandement des 1re et 2e compagnies et de la plus
grande partie des 3e et 4e compagnies de son bataillon,
ne peut indiquer en détail les faits accomplis par ces
unités ou fractions, que le commandant SAILLENS avait
sous ses ordres.
Il lui paraît cependant opportun de signaler les
évènements suivants :
Le 11 août, vers 10 heures, à l'attaque contre le
barrage nord, conduite par le lieutenant CHAUVEUR,
correspondit une attaque allemande sur C2 ; l'ennemi
fonça sur la section LE BRIS (compagnie
LARBALÉTRIER) installée dans des trous d'obus entre
C1 et C2 et la força à se replier en arrière de la tranchée
de soutien, dite « du commandant DUSSAUX », ce qui
entraina le mouvement de repli des éléments de C2
installés en première ligne plus à droite ; la tranchée
du commandant DUSSAUX n'était plus tenue que par
le capitaine LARBALÉTRIER disposant d'une section et
demie de sa compagnie.
Le commandant SAILLENS prescrivit alors au
capitaine PETITJEAN d'aller faire ouvrir le feu à deux
mitrailleuses qui se trouvaient en C3 et de résister coûte
que coûte avec deux sections (sous-lieutenant
DESLANDRE, sous-lieutenant TIROT) sur l'emplacement
occupé par ces sections entre la compagnie BOLOU (C3)
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et la compagnie LARBALÉTRIER (C2), emplacement
sur lequel était dirigée l'attaque ennemie ; le capitaine
PETITJEAN rencontra alors des hommes de C2 qui
fléchissaient et se repliaient, les arrêta grâce à son
énergie et le capitaine LARBALÉTRIER réoccupa la
portion du front qui venait d'être abandonnée. La
situation était ainsi rétablie, ainsi que la liaison des
fuseaux et les renforts venus de l'arrière (3e bataillon du
2e colonial) permettaient de résister victorieusement à
une nouvelle attaque.
Le commandant STIEGLITZ apprit par le sergent de
JONQUIÈRES que le peloton de la compagnie DAYRE,
détaché en B3 pour renforcer la compagnie MARION,
fut, ainsi que cette dernière unité, coupé de C1, entouré
presque entièrement par l'ennemi et contraint à se
replier.
Dans ce mouvement de repli, une demi-section du
sous-lieutenant ADANI et la demi-section du sergent de
JONQUIÈRES auraient été détruites ; les deux autres
demi-sections sont rentrées aux abris Territoriaux
avant la relève.
A la deuxième attaque de front, lancée le 12 août,
vers 14 heures, contre le boyau tranchée du Pavillon –
P.C.C., correspondit une attaque allemande analogue à
celle du même jour, 10 heures.
Les troupes de première ligne manquant de pétards,
se replièrent dans la direction du P.C.C. Le souslieutenant
TOBIE (compagnie PETITJEAN) prit alors
sous ses ordres un groupe d'environ 150 hommes de
toutes compagnies, fit sonner la charge et les porta en
avant au nord de P.C.C. Après quelques mouvements
en avant suivis de reculs, il parvint à installer
définitivement son groupe au nord de P.C.C. et
rétablit la situation en ce point.
Le 3e bataillon, sous les ordres du chef de bataillon
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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LOZIVIT, accomplissait pendant ce temps une lourde
tâche.
Le 12 août 1915, dans la matinée, le 3e bataillon
était cantonné dans les abris Territoriaux (nord-est
de Vienne-le-Château).
Vers 11 h. 30, le chef de bataillon recevait l'ordre
suivant :
« Mettre d'urgence une compagnie à la disposition
du chef de bataillon SAILLENS, commandant le centre
de résistance C.
« Disposer les trois autres compagnies dans la
tranchée est-ouest du ravin de la Houyette au
Rondinage. Tenir coûte que coûte la tranchée qui barre
le chemin des Rondins et le ravin de la Houyette. »
La 11e compagnie (capitaine TOURNIER) se rend
immédiatement au poste de commandement C et relève
en première ligne la compagnie LARBALÉTRIER.
Les 9e, 10e et 12e compagnies s'établissent dans la
tranchée est-ouest.
En se rendant au poste de commandement C, le
chef de bataillon rencontre le chef de bataillon
STIEGLITZ qui lui communique l'ordre suivant, du chef
de bataillon SAILLENS :
« Venir vite avec deux compagnies pour dégager
deux compagnies cernées dans le Doigt de Gant ;
« Mettre une compagnie à la disposition du chef de
bataillon STIEGLITZ pour contre-attaquer. »
En conséquence, les 12e compagnie (capitaine
OLLIVON) et 10e compagnie (capitaine BUVELOT),
commencent leur mouvement vers le poste de
commandement C.
La 9e compagnie (lieutenant PLUT) est mise à la
disposition du chef de bataillon STIEGLITZ et restera
sous ses ordres jusqu'à la relève, le 14 août, dans la
matinée.
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Le peloton du sous-lieutenant THIÉBAULT occupe le
boyau d'accès A, vers le Doigt de Gant et l'organise.
Il est prêt à contre-attaquer par le nord-ouest pendant
que les compagnies MARION et ALBRECHT, cernées
dans le Doigt de Gant, font leur mouvement de repli
par petits paquets en rampant, car il n'y a pas de
communication entre le Doigt de Gant et le boyau tenu
par le peloton THIÉBAULT.
Après le repli des compagnies MARION et
ALBRECHT, les Allemands prononcent une violente
attaque, appuyée par un bombardement intense.
La ligne cède, les compagnies du 6e R.I.C., le
peloton de la 12e compagnie se replient en arrière de D.
Le chef de bataillon SAILLENS et le centre C
demandent du renfort.
Dès l'arrivée des renfort, les clairons sonnent la
charge, les troupes remontent au delà de D, mais une
contre-attaque ennemie les refoule à nouveau.
Jusqu'à la nuit, plusieurs charges sont exécutées,
mais les troupes ne peuvent avancer au delà de D.
A la nuit, les troupes d'assaut couchent sur la
position.
Le chef de bataillon SAILLENS réunit les
commandants de compagnie vers 0 h. L'attaque sera
reprise à 3 heures.
Le concours de l'artillerie ne peut être obtenu.
L'attaque ne peut déboucher.
Pendant toute la journée du 13 et la nuit du 14, les
troupes restent sur les mêmes positions. L'ennemi
bombarde violemment nos lignes. Le concours de notre
artillerie fait défaut.
La relève a lieu dans la nuit du 13 au 14.
Suivant ordre reçu, les unités relevées du bataillon à
la disposition du centre C, restent en position d'attente
près du poste de secours jusqu'à la fin de la relève.
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Elles sont ensuite dirigées vers les abris Territoriaux
et les abris nord-ouest de Vienne-le-Château.
Le 14 août, le régiment est relevé et vient se reposer
à la Neuville-au-Pont.
Le colonel et le capitaine major reconstituent et
remettent un peu d'organisation dans les compagnies,
dont quelques unes ont perdu tous leurs officiers et ont
été fortement éprouvées. Le régiment a eu en effet 15
officiers blessés et un tué dans les journées de combat
des 11, 12 et 13 août. Il a perdu aussi 10 sous-officiers
tués, 24 blessés et 47 soldats tués, 171 disparus, et 341
blessés.
Le 15 août, tout le régiment est transporté au repos à
Cheppy en camions automobiles. Il quitte Cheppy le
27 et se rend à La Cheppe.
Il est employé jusqu'au 16 septembre à faire
quelques travaux d'aménagement aux tranchées de
première ligne et aux boyaux de communication.
Le 17, le régiment part aux tranchées.
Dans la nuit du 24 septembre, tout est prêt pour une
grande attaque. Le bataillon STIEGLITZ se porte en
première ligne et le 3e va occuper les boyaux Alsace-
Gascogne aux positions de réserve de D.I., sur la route
de Suippes à Souain.
CHAMPAGNE (Moulin de Souain)
(25 Septembre 1915)
25 septembre 1915. - Au petit jour, le régiment s'est
formé pour l'attaque, 1er et 2e bataillons en ligne
formant vagues d'assaut, 3e bataillon formant réserve de
D.I., est dans les boyaux Alsace-Gascogne, à 600
mètres au sud de Souain.
A 9 h. 15, les vagues sortent des tranchées,
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franchissent les ouvrages du Palatinat et de
l'entonnoir de Souain, les groupes de nettoyeurs de
tranchées dégagent les ouvrages.
Une lutte homérique s'engage : le sergent BLOCH,
après un dur combat, se trouve complètement entouré
d'ennemis. Un officier allemand lui commande de se
rendre en lui promettant qu'il ne lui sera fait aucun mal.
« Jamais ! » répondit BLOCH en épuisant les grenades
qui restaient dans ses musettes.
Au même moment, une balle vint le frapper en
pleine tête et le tua net.
Un de ses hommes grièvement blessé à ses côtés et
abandonné par les Allemands, a fait le récit de cette
héroïque aventure.
Les vagues franchissent les tranchées Von Klück-
Odalisques, montent au delà du bois Guillaume II,
atteignent les bois 17, 18 et 38.
Dès le déclenchement de l'attaque au nord de l'Ain,
arrive l'ordre d'attaquer la tranchée d'Altons, le bois
des Bouleaux, encore occupés par des tirailleurs
ennemis qui tirent sur les éléments de nos troupes qui
les ont dépassés, puis de continuer la marche en avant.
Aux 1er et 2e bataillons, les unités mélangées
tiennent sur leurs positions.
Le lieutenant-colonel blessé et évacué est remplacé
par le chef de bataillon LOVIZIT, qui prend le commandement
du régiment et s'installe au bois Guillaume II,
où le 3e bataillon s'établit également en bivouacs.
Le 67e de ligne occupe le terrain entre le bois
Guillaume II et la tranchée des Odalisques.
26 septembre. - Deux secteurs sont formés :
A droite, 2e brigade ;
A gauche, 1re brigade.
La limite entre les deux secteurs est continuée par
une ligne allant de 606 à la cote 179, près du bois 50.
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La mission est d'organiser la position conquise et de
tenir coûte que coûte.
27 septembre. - Les 10e et 12e compagnies appuient
dans la soirée l'attaque du 35e de ligne sur la tranchée
des Tantes.
28 septembre. - Les éléments sont ramenés un peu
en arrière pour mettre de l'ordre dans les unités.
Le régiment occupe :
1er bataillon, boyau des Fathmas ;
2e bataillon, bois Guillaume II ;
3e bataillon, boyaux de Brême et sud du bois 38.
A 15 h. 30, le 6e C.A. attaque la tranchée de
Lubeck ; quatre bataillons de chasseurs sortent de la
lisière nord du bois 28, attaquant les bois J11, J10, J3, en
passant par la tranchée des Tantes tenue par le 35e de
ligne.
Le 1er R.I.C. suit et attaquera la tranchée de Lubeck
par le nord.
Le 2e R.I.C. attaquera la cote 193 et marchera sur un
kilomètre ouest de Somme-Py et poussera au nord.
Les 9e et 11e compagnies appuieront la gauche de
l'attaque du 6e C.A. sur la tranchée de Lubeck.
Pertes pendant les journées des 25, 26, 27 et 28
septembre :
Officiers : 7 tués, 15 blessés, 4 disparus ;
Troupe : 46 tués, 345 blessés, 538 disparus.
OISE ET SOMME
(Décembre 1915 à Décembre 1916)
Le 1er octobre 1915, le régiment séjourne aux abris
Piémont, et part le lendemain au camp de la Noblette.
Le 4 octobre, il se rend à Estrées-Saint-Denis en
camions automobiles. Il y reste jusqu'au 15 pour se
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reconstituer.
Le 15, la D.I. se porte à 10 kilomètres au nord et
s'établit dans la région de Moyenneville. Le régiment
va à Bailleul-le-Soc le 25 octobre, où, le lendemain, le
roi d'Angleterre, le président de la République et le
Généralissime passent une revue.
Le lieutenant-colonel MONHOVEN prend le
commandement du régiment en remplacement du
lieutenant-colonel MOREL, qui a été blessé le 25
septembre.
Le régiment reste dans la même région jusqu'au 27
décembre, où il se porte vers le nord-ouest, par Villers-
Tournelle, Le Plessier, Grivesnes.
Le 28 décembre, il va dans la région de Plachy et le
30, il embarque à Salleux pour aller à Saint-Riquier en
passant par Amiens et Doullens.
Pendant les deux années 1914 et 1915, le régiment a
reçu un renfort de 11.994 soldats, 636 caporaux, 378
sergents, 28 sergents-fourriers, 44 sergents-majors, 53
adjudants et 20 adjudants-chefs, soit un total de 13.841
hommes.
Le régiment reste au camp de Saint-Riquier du 1er
au 16 janvier 1916, date à laquelle il embarque à
Abbeville, à destination de Poix. Il se rend ensuite à
Bailleul-le-Soc pour y stationner jusqu'au 12 février.
Il se porte alors dans la région de Ravenel,
Varmont, Moutiers et le 19 février, il relève en lignes
le 70e territorial, dans le sous-secteur de Mareuil
(Oise).
Le lieutenant-colonel MONHOVEN porte à la
connaissance du régiment l'ordre 477 de la IVe armée,
en date du 28 janvier 1916.
Le général commandant la IVe armée, cite à l'Ordre
de l'armée, le 2e régiment d'infanterie coloniale :
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S'est signalé depuis le début de la campagne par sa
solidité et son endurance. Le 25 septembre 1915,
brillamment enlevé par son chef, le lieutenant-colonel
MOREL qui a été grièvement blessé, s'est emparé de cinq
lignes de tranchées fortement organisées, se portant d'un seul
élan jusqu'à des positions d'artillerie ennemie, faisant de
nombreux prisonniers et s'emparant d'un matériel important.
A tenu ensuite solidement le terrain conquis, sous un
bombardement intense et a donné une nouvelle preuve de
son allant et de son énergie, dans l'attaque du 29 septembre.
Le lieutenant-colonel commandant le 2e R.I.C. prend
le commandement du sous-secteur le 19 février.
Le régiment reste dans ce sous-secteur jusqu'au 29
juillet. Les pertes ne sont pas considérables.
Le 29 juillet 1916, le régiment est relevé par le 4e
tirailleurs de la D.I.M., et va cantonner à Vaudelicourt.
Il y reste jusqu'au 14 août et le 15, il va en lignes au
nord-ouest de Dompierre, où il occupera le secteur
jusqu'au 20 septembre 1916.
C'est pendant cette période qu'ont lieu les fameuses
affaires de la Somme.
Le séjour en lignes est pénible et les relèves
difficiles ; les hommes sont presque enlisés. L'artillerie
bombarde souvent et violemment les tranchées. Nos
pertes sont sensibles, mais elles sont plus fortes chez
l'ennemi.
Le 9 septembre, en vue de préparer une attaque de la
15e D.I.C., le 2e R.I.C. exécute à 17 heures une attaque
partielle dans le but de s'emparer du front 550-551.
L'attaque, préparée par l'artillerie de tranchée, est
exécutée par une équipe de grenadiers de la compagnie
LE BRIS, un peloton de la compagnie PIERRE, une
section de la compagnie BALADES, appuyés par les
mitrailleuses des C.M. 1 et C.M. 4.
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L'attaque se déclenche à l'heure dite avec un entrain
remarquable, qui met le régiment en complète
possession des objectifs assignés. L'ennemi réagit
fortement, tant au moyen de grenades que de contreattaques
et d'artillerie de tous calibres qui, à plusieurs
reprises, exécute des tirs de barrage sévères sur la
première ligne et la ligne de soutien.
Deux contre-attaques, l'une immédiate, l'autre à 17
h. 40, sont repoussées et nous restons maitres du terrain
conquis, en capturant 35 prisonniers et quatre
mitrailleuses en bon état.
Jusque-là les pertes s'élèvent à 130 blessés ou
disparus.
La nuit est employée à organiser la position
conquise.
Le lendemain, 10 septembre, à 4 heures, l'ennemi
déclenche un très violent tir de barrage et de contrebatterie,
mais sans attaque d'infanterie. Nous avons
quelques pertes, mais nous conservons entièrement le
terrain enlevé d'assaut la veille. Cependant, au moyen
d'une attaque brusquée par liquides enflammés sur la
section de la compagnie LE BRIS occupant la tranchée
du Poivre, l'ennemi parvient à nous ramener sur nos
positions du 8.
La section qui a courageusement résisté et prononcé
même une contre-attaque est presque anéantie.
Les première et deuxième lignes sont violemment
bombardées.
Les hommes qui combattent depuis cinq jours,
toujours en éveil, sont très fatigués. Les
communications téléphoniques sont difficiles, les lignes
fréquemment coupées, ce qui oblige d'assurer la liaison
des divers échelons par coureurs.
La 1re brigade doit participer à l'attaque faite par le
2e C.A.C. le 17 septembre.
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s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
L'attaque dans la zone de la brigade est dirigée par le
colonel MONHOVEN.
A 4 h. 45, les éléments du secteur de gauche
appuyés par le tir du 58, commencent leur progression
vers le point 87.36, qu'ils atteignent vers midi.
Pendant ce temps, l'artillerie de tranchée exécute une
préparation intense sur la tranchée du Poivre, depuis
86.35 jusqu'à 547. Le 75 tire en même temps aux
environs du point 87.33.
Vers 14 heures, le capitaine SPECEL, commandant la
5e compagnie, qui devait commander l'attaque sur le
point 87.35, voyant la préparation suffisante et
s'apercevant que des Allemands paraissent vouloir se
rendre, déclenche son attaque avant l'heure fixée.
Il la dirige avec sa bravoure habituelle, mais
malheureusement ses éléments de tête tombent sous le
feu d'une mitrailleuse qui a réussi à se maintenir dans
un boyau. Le capitaine SPECEL est tué ainsi que le
sous-lieutenant qui commande la section d'attaque. Les
premiers éléments de cette section, après un moment
d'hésitation, s'emparent de 87.35 et commencent à
progresser vers le point 87.36 où la liaison est établie
vers 18 heures.
En même temps que la section de la 5e compagnie
s'élançait à l'attaque, les éléments de la 2e compagnie
sénégalaise partaient des points 550 et 551, pour se
jeter par 519 sur la tranchée du Poivre ; ils se reliaient
bientôt vers 87.35 à la 5e compagnie et gagnaient du
terrain vers 87.33, d'où après avoir anéanti une assez
vive résistance d'un groupe ennemi, ils se reliaient aux
éléments d'attaque de la 7e compagnie qui arrivaient par
le boyau 85.31 et par la tranchée du Poivre.
Au cours de cette attaque, nous avons pris dans la
tranchée du Poivre 2 officiers, 70 soldats ennemis,
dont 15 à 20 ont été tués par l'artillerie ennemie au
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cours de leur voyage à l'arrière et deux mitrailleuses.
Nos pertes sont très peu élevées, la 5e compagnie a
eu une quinzaine de tués, une vingtaine de blessés. Les
deux autres compagnies ont eu un tué et chacune sis à
huit blessés dans l'attaque même. Par contre, les pertes
ennemies sont considérables à en juger par le grand
nombre de cadavres trouvés sur le terrain.
Au cours de l'avance, quand nous avons pris la
portion de tranchée 85.35 – 449, nous y avons trouvé
une centaine de cadavres. Le 58 faisait sauter en l'air
corps et armes.
Dès la prise des objectifs, commence l'organisation
de la nouvelle tranchée, organisation à laquelle
viennent participer pendant la nuit, deux sections du
génie.
L'ennemi réagit peu.
Les marsouins sont couverts de boue. Ils sont sales,
leur barbe et leurs cheveux sont en broussailles, ils sont
dans un état lamentable.
Du 20 septembre au 26 octobre, ils vont se reposer
au camp de Marly, d'où ils font mouvement pour aller
relever le 42e à Belloy-en-Santerre.
La relève s'opère dans de bonnes conditions.
Le secteur était calme. Les marsouins y firent preuve
d'endurance et souvent d'un beau courage.
« Un soir, rapporte un combattant, cinq grenadiers
d'élite sous les ordres du chef d'équipe DUVAL (Jules),
étaient volontaires pour aller reconnaitre un poste
avancé. Avant d'atteindre son but, l'équipe fut soumise
à un violent tir de barrage de grenades. Obligée de
revenir en arrière à cause du manque de munitions, elle
fut chargée une heure après, de s'emparer du même
poste.
« Les six grenadiers remontèrent et furent reçus cette
fois encore par de terribles tirs de grenades et de jets de
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
liquide enflammé.
« En plus de l'effectif du poste avancé, ils avaient
devant eux, deux sections ennemies arrivées en renfort
dès la première alerte. Les Boches en opposant une
forte résistance n'attendaient que le fléchissement de
l'équipe pour se porter en avant, mais nos braves poilus
tenant vaillamment, donnèrent le temps à l'artillerie de
tranchée d'appuyer leur action. Après quelques instants
d'un tir très nourri, ils s'élancèrent en chantant la
« Marseillaise », à l'assaut de la position qui tomba
entre leurs mains. »
Le 29 octobre, l'artillerie ennemie se montre très
active et nous cause quelques pertes et des dégâts assez
importants.
Le colonel MAYER est nommé au commandement
du régiment le 30 octobre, en remplacement du colonel
MOHOVEN, désigné comme adjoint tactique du général
commandant l'artillerie d'assaut.
Le 1er novembre, la journée est calme, les boyaux et
les tranchées sont dans un état lamentable. A cause de
la pluie des jours précédents, dans tout le secteur, la
boue monte jusqu'à mi-cuisse.
Le bataillon en ligne se prépare à être relevé.
Le 5e R.I.C. vient relever le régiment qui cantonne à
Chuignes le 10 novembre, où doit se faire l'embarquement
en autos-camions. Le même jour, le régiment
arrive à son nouveau cantonnement, Bayonvillers.
Le 1er décembre 1916, il revient à Chuignes et
occupe jusqu'au 6 décembre, le secteur Chuignes –
Fontaine-lès-Cappy.
Il fait alors mouvement en camions automobiles et
va cantonner à Essertaux-Rossignol.
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
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AISNE
Attaque du Chemin des Dames (16 Avril 1917)
Le 22 décembre 1916, le régiment se rend dans la
zone de Cempuis où il cantonne jusqu'au 6 janvier
1917, date à laquelle il se porte dans la région de
Juvignies pour gagner par étapes le secteur de Moulin
Rouge, où il arrive le 16 janvier.
Il est relevé le 8 février par le 33e R.I.C. et cantonne
à Cohons jusqu'au 8 mars.
Le dit jour, il va cantonner à Fismes et relève le
lendemain le 33e R.I.C. dans le secteur de Vassognes.
Le régiment reste dans ce secteur assez calme
jusqu'au 20 mars. Le 21, il va cantonner à Baslieux-lès-
Fismes et le 23 à Dravegny.
La marche exécutée par le 3e bataillon dans la nuit
du 7 au 8 février, mérite une mention particulière.
Le bataillon, dont les derniers éléments avaient été
relevés le 7, vers 21 heures, se trouva rassemblé le 8,
vers 1 heure, à 200 mètres au nord-ouest de Blanzy-lès-
Fismes, ayant déjà fait une étape d'environ 15
kilomètres. De là il devait être transporté en camions à
ses cantonnements de Vollome, ferme Party, distants
d'environ 19 kilomètres. Les hommes qui avaient fourni
en ligne un travail d'organisation sérieux, étaient
fatigués ; d'autre part, il faisait un froid très vif qu'une
forte bise rendait encore plus sensible.
Quand les hommes eurent pris le café, le chef de
bataillon BASTARD, commandant le bataillon, fit
appeler les commandants de compagnie et leur dit en
substance : « les autos qui doivent nous emmener
n'arriveront qu'à six heures du matin ; si les hommes se
couchent par un froid pareil, ils risquent de ne pas se
relever. Nous allons donc partir immédiatement ;
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Historique du 2e R.I.C. (Anonyme, Imprimeries Réunies de Nancy,
s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
expliquez aux hommes la nécessité de cet effort. Les
équipages resteront à Blanzy-lès-Fismes et rejoindront
demain matin. »
Le bataillon prit la route de Coulonges par Perles,
Bazoches, Chéry-Chartreuve. Cette route prise par la
glace brillait sous la lune comme un miroir. Des
hommes à tout instant glissaient et s'étendaient de tout
leur long. On essaya de marcher à travers champs, mais
la terre inégale, dure comme de la pierre, rendait la
marche très pénible. Le chef de bataillon ordonna des
haltes fréquentes, mais très courtes en fin desquelles
nul n'était laissé en arrière. La fatigue était telle que
malgré le froid, les hommes s'endormaient à peine
assis. Sur les plateaux au nord de Chéry-Chartreuve,
un vent debout glacial causa aux hommes une réelle
souffrance : le contenu des bidons, le pain étaient gelés.
A partir de la cote 210 (1 kilomètre nord-ouest de
Dravegny), le bataillon ayant à sa tête le souslieutenant
DUCHET comme officier guide, quitta la
grand'route et marcha directement à la boussole sur ses
cantonnements à travers les champs couverts de neige
durcie. Enfin, vers 7 h. 30, une patrouille lancée en
avant pendant le dernière halte, découvrit dans un repli
de terrain, la ferme Party.
Vers 9 heures, le bataillon était installé dans ses
cantonnements, heureux de l'effort accompli ; une
trentaine d'hommes à peine avaient été laissés en arrière
dans différents cantonnements, au cours d'une marche
de nuit d'environ 34 kilomètres en terrain accidenté, par
un froid de -21° qu'une forte bise rendait plus aigu.
Le 26 mars 1917, le lieutenant-colonel PHILIPPE
vient prendre les fonctions d'adjoint au colonel MAYER.
Le régiment relève le 5e R.I.C. le 31 mars 1917.
L'état-major est à Paissy. Il est relevé par le 4e mixte de
la 38e D.I. le 4 avril, et va cantonner aux Creutes
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s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
Marocaines, aux Creutes de l'Yser et à Paissy.
Jusqu'au 15 avril, les pertes sont peu élevées.
Le 15, les unités vont occuper leur emplacement
pour une attaque. Le 1er bataillon en première ligne et
réduits ; le bataillon CORNELOUP au ravin du Moulin,
le 2e bataillon aux Creutes du Stand et le 3e bataillon
rattaché au 57e R.I.C.
Le régiment doit prendre part à une offensive
d'ensemble contre les organisations allemandes au nord
de l'Aisne. Il a comme mission :
1° De s'emparer des trois lignes de tranchées
allemandes du plateau des Dames et de prendre
position sur la rive nord de l'Ailette.
2° De poursuivre son avance jusqu'à la Bièvre et
ultérieurement jusqu'au mouvement de terrain de
Moulin-Fermé.
Encadré à droite par le 53e R.I.C., à gauche par le
57e R.I.C., le régiment a, avant le déclenchement de
l'atta-que, ses trois bataillons échelonnés en profondeur
;chaque bataillon étant chargé de conquérir l'objectif
qui lui est assigné avec ses propres moyens.
Le 16 avril, à 6 heures du matin, l'attaque se
déclenche. Le 1er bataillon (bataillon A) ayant deux
compagnies en première ligne, deux compagnies, deux
sections de mitrailleuses avec un canon de 37 en
réserve, deux sections de mitrailleuses avec chacune
une escouade de voltigeurs, destinés à fournir des
détachements de liaison, sort des tranchées à 6 heures et
marche sur son objectif.
Les marsouins sont impatients de bondir sur
l'ennemi. Un jeune officier, nommé de la veille, monte
sur le parapet pour observer l'ennemi et le chemin à
parcourir. Son sergent lui fait remarquer qu'il s'expose
un peu trop. « Le devoir avant tout ! » répond l'officier.
L'heure de l'assaut approche. Encore quelques
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minutes..., une minute... et l'officier franchit le parapet
d'un seul bond en s'écriant « En avant ! ».
Cet appel est écouté de tous ses hommes dont il était
le camarade et le chef. Tous s'élancent bravement à
l'attaque du blockhaus. A peine le sous-lieutenant a-t-il
fait une vingtaine de mètres, qu'il tombe frappé
mortellement devant toute sa section. Ses hommes
s'arrêtent quelques instants, mais bientôt s'élancent avec
une ardeur plus vive en entendant les cris répétés du
chef : « En avant ! En avant ! ».
L'officier se tût et bientôt on l'entendit prononcer ces
quelques mots d'une voix étouffée : « Ecrivez à ma
mère..., dites au commandant de compagnie... », il ne
put achever, et expira.
Accueilli par des rafales nourries de mitrailleuses, le
bataillon, en dépit des pertes éprouvées et du terrain
bouleversé, enlève dans un bel élan les tranchées de
Franconie et de la Courtine. Les défenseurs peu
nombreux, dont la plupart sont vêtus d'une tenue bleu
horizon, se replient en courant.
La tranchée de Battemberg occupée par de petits
détachements et des mitrailleuses, est également
enlevée et ses défenseurs bousculés, malgré un barrage
de pétards qui nous fait éprouver de nombreuses pertes.
Tandis que la compagnie de gauche (2e compagnie)
progresse par petits groupes, utilisant les trous d'obus
jusqu'à la tranchée de Sadowa qu'elle occupe entre le
boyau Nix et le boyau Kub, la compagnie de droite (1e
compagnie) continuant son mouvement dans la
formation primitive, franchit la tranchée Sadowa et ne
s'arrête qu'à la tranchée qui court le long de cette crête,
entre le boyau Nix et le chemin, à 100 mètres à l'ouest
de la route du Poteau d'Ailles.
La 1re compagnie veut poursuivre le mouvement par
le chemin à 100 mètres à l'ouest de la route d'Ailles,
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mais après une centaine de mètres faits sur ce chemin,
le mouvement est arrêté par des feux puissants de
mitrailleuses établies tout le long de la crête de la
ferme de la Bovelle et dans cette ferme, sous des
blockhaus qui les rendent invisibles et invulnérables.
Les pertes qu'elle nous font subir sont énormes. La 2e
compagnie, de son côté, ne peut progresser pour la
même raison.
A 7 heures, le mouvement en avant est
complètement arrêté. Quelques nettoyeurs de tranchée
descendent par le tournant du chemin 90.18 dans les
abris à contre-pente entre le chemin et le boyau Nix. Ils
font encore une trentaine de prisonniers, mais ne
peuvent avancer vers la partie ouest du ravin, à cause
des feux de mitrailleuses.
Voyant le mouvement des compagnies de première
ligne suspendu, le chef de bataillon fait avancer les
compagnies de réserve qui viennent renforcer les
occupants de la tranchée de Sadowa ; la 3e compagnie
sénégalaise entre le boyau Kub et le boyau Nix, et la
3e compagnie du 1er bataillon entre le boyau Nix et la
route d'Ailles.
D'autre part, une section de mitrailleuses avec une
escouade de voltigeurs, s'installe vers 7 h. 30 près de la
route d'Ailles, au point 81.18, et assure la liaison avec
le 53e R.I.C. Une deuxième section s'établit à 100
mètres plus au sud, sur la route d'Ailles. Enfin, deux
sections de mitrailleuses se mettent en batterie vers 7 h.
15, à l'intersection du boyau Nix et de la tranchée
Camberg et ouvrent le feu sur les mitrailleuses de la
Bovelle, que contrebat également le canon de 37, mais
sans efficacité, les mitrailleuses ennemies étant sous
blockhaus.
A partir de ce moment, la progression est enrayée.
Les contre-attaques tentées par l'ennemi partant de la
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Bovelle sont toutes repoussées à la grenade. Le chef de
bataillon CASSANDRE, commandant le 1er bataillon, est
tué au cours d'une de ces contre-attaques.
Les compagnies de tête du bataillon B (67e bataillon
sénégalais), ne voyant plus les éléments du bataillon A,
abrités dans la tranchée de Sadowa et les trous d'obus
environnants, viennent se confondre avec lui et, au bout
de quelques instants, il se produit un mélange complet d
toutes les unités.
Dans l'après-midi, le mouvement en avant de
l'ennemi s'accentue. De nombreux groupes sont aperçus
se faufilant vers le sud, par les boyaux, entre la Bovelle
et la tranchée Deimling.
A 17 heures, cette attaque d'infanterie appuyée par
un bombardement d'artillerie de gros calibre sur notre
droite, vers la route d'Ailles, oblige la 2e compagnie,
dépourvue de grenades et de cartouches, à se replier sur
la tranchée de Camberg.
L'artillerie ne répond pas aux demandes de tirs de
barrage faites à maintes reprises par le bataillon.
Vers 19 heures, un mouvement général de repli se
produit à l'est de la route d'Ailles, dans le secteur du
régiment voisin ; l'ennemi poursuit à la grenade et lance
de nombreuses fusées éclairantes. Notre droite, appuyée
à la route d'Ailles, est découverte. Les munitions sont
épuisées, en particulier les grenades et les cartouches de
mitrailleuses. Les corvées de ravitaillement envoyées
au dépôt de la tranchée Martin, se perdent et ne
reviennent pas.
Le capitaine BERNARD, commandant le bataillon,
devant la pression ennemie, donne l'ordre aux quelques
éléments qui restent autour de lui, de se replier sur la
tranchée Battemberg, à la droite des éléments du
bataillon BOENNEC qui viennent de prendre position,
mais la majorité des hommes impressionnés par le recul
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des fractions voisines dépassent la ligne fixée et se
portent à l'ancienne première ligne française ; quelques
hommes seulement s'arrêtent sur la tranchée
Battemberg.
Le 67e bataillon sénégalais rassemblé depuis 3
heures dans la tranchée des Réduits, se met en
mouvement à 6 heures et vient remplacer dans la
parallèle de départ et la tranchée de doublement le 1er
bataillon. Il franchit la tranchée de première ligne à 6 h.
20 et suit à environ 500 mètres le bataillon de tête, en
formation d'approche. Il traverse la tranchée de
Franconie malgré un tir de barrage peu meurtrier du
reste, et dépasse la tranchée de Battemberg.
A ce moment, environ 6 h. 45, le bataillon est
soudainement pris d'écharpe et d'enfilade par des
mitrailleuses ennemies situées aux alentours de la
ferme de la Bovelle. En quelques instants, la colonne
de droite perd la moitié de son effectif ; celle de
gauche est arrêtée net dans sa progression.
La compagnie de droite (compagnie POMMIER) se
jette dans la tranchée de Sadowa, tandis que l'autre,
avec son capitaine, poursuit son mouvement sur les
pentes descendant vers l'Ailette, où elle fait 17
prisonniers, qui sont envoyés à l'arrière. Elle est arrêtée
et doit se retrancher sur place.
La compagnie de queue de la colonne de droite fait
face à l'ouest et à la Bovelle, le long du boyau Kub.
Les deux unités ont perdu une grande partie de leurs
cadres et sont complètement mélangées avec celles du
bataillon A (1er bataillon du 2e R.I.C.) et du 53e R.I.C.
(régiment de droite).
Les débris des compagnies de gauche (DUMAIN et
ARNAUD) s'étendent le long de la tranchée Camberg,
face au nord, mélangées à quelques éléments du 1er
bataillon du 2e R.I.C.
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s.d.), numérisé par Paul CHAGNOUX.
Toute la journée, le bataillon reste fixé par les tirs de
mitrailleuses et d'artillerie ennemies, qui occasionnent
des pertes sévères et rendent la transmission des ordres
très difficile. Le bataillon ne possède plus ni grenades,
ni cartouches.
Vers la fin de la journée, les Allemands profitant de
notre manque de munitions, essayent de nous refouler
de front à la grenade. Les débris des compagnies
POMMIER, POULIGNAN et DAUMAIN reculent peu à
peu, repassant par la tranchée de Camberg vers la
droite du bataillon BOENNEC.
Le mouvement de repli de la droite (53e R.I.C.)
s'accentuant, un grand nombre de tirailleurs suivent ce
mouvement et, à la faveur de l'obscurité, refluent vers
l'arrière.
Le chef de bataillon commandant le 67e B.T.S. se
trouve bientôt seul avec une poignée d'hommes, sans
cartouches ni grenades, en arrière des éléments du
bataillon BOENNEC, qui ont pris position dans la
tranchée de Battemberg. Il se porte vers les lignes
françaises pour essayer de rallier les débris de son
bataillon et reconstituer une troupe de quelque effectif.
Le bataillon C (2e bataillon du 2e R.I.C.) sort à 6
heures de la grotte du Stand de Paissy et vient prendre
place derrière le bataillon B. Le passage de la vallée
s'effectue sans pertes, malgré le tir de barrage.
Le mouvement ayant lieu par les boyaux d'Arras et
d'Anvers, il résulte un certain retard pour le
franchissement de la parallèle de départ : une dizaine de
minutes environ.
Dès l'arrivée sur le terrain ennemi, la marche est
ralentie par les mitrailleuses en position sur l'éperon de
la Bovelle.
Voyant le mouvement des bataillons de tête
suspendu, le chef de bataillon arrête son bataillon et se
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porte en avant avec sa liaison.
Vers 9 heures, un trou causé surtout par les pertes,
s'étant produit au centre du régiment, le chef de
bataillon BOENNEC envoie en avant la compagnie
FAIVRET (5e) suivie de la compagnie GAUTHIER (7e) en
soutien.
La 5e compagnie arrive ainsi à environ 60 mètres de
la tranchée de Sadowa et organise rapidement
quelques éléments de tranchée.
La compagnie GAUTHIER s'organise également en
échelon à droite, en arrière de la 5e compagnie.
Les deux autres compagnies du bataillon (RICHER de
FORGES et LUCAS) restent dans la tranchée de
Franconie.
Le caporal CLÉMENT, de la 6e compagnie, isolé
avec une équipe de grenadiers, repousse une contreattaque
boche forte de 50 hommes, en criant aux poilus
qui sont auprès de lui : « Voici les Boches, allez-y les
gars ! ». L'ennemi est maintenu.
Une contre-attaque ennemie, déclenchée vers 11 h.
30 sur la 5e compagnie est vigoureusement repoussée.
Vers la droite, sur la tranchée de Battemberg, la
liaison avec le 53e R.I.C. est assurée par des fractions
de la 7e compagnie à 11 h. 40.
A 13 h. 30, l'ordre est donné de regrouper le
bataillon en arrière. Le chef de bataillon BOENNEC
reporte dans la tranchée de Franconie la compagnie
GAUTHIER, mais par suite de tirs violents de
mitrailleuses et d'artillerie, qui rendent très difficile un
mouvement de la 5e compagnie, il laisse cette unité en
place, se réservant de faire exécuter le mouvement de
nuit.
Vers 19 heures, s'étant aperçu d'un mouvement de
repli du régiment voisin, mouvement qui se transmettait
aux éléments de droite du régiment et en particulier aux
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sénégalais, le commandant BOENEC donne l'ordre à la
compagnie GAUTHIER et à la C.M. de venir occuper la
tranchée Battemberg.
Le sous-lieutenant GRÉGOIRE, commandant la C.M.
2, voyant la menace dessinée par la contre-attaque
boche, sa compagnie étant déjà à demi-encerclée,
s'écria : « Il faut conserver tout le terrain conquis »,
puis s'attaquant à un soldat allemand qui s'avançait à
quelques pas de lui, l'abattit d'un coup de révolver, mais
fut à son tour frappé mortellement au moment où il se
retournait pour s'attaquer à un autre Boche.
Les éléments épars de la 5e compagnie et du 1er
bataillon entrainés dans le mouvement de repli, ont pu
être recueillis, grâce à l'héroïque intervention de la
C.M. 2 et de la compagnie GAUTHIER.
La liaison avec le 53e R.I.C. est assurée pendant la
nuit par patrouilles.
La journée du 17 avril est consacrée à l'organisation
de la position conquise.
Le régiment est relevé le 18 avril par le 64e de ligne
et va cantonner au château de Bellevue et aux Creutes
de l'Yser.
Dans cette attaque, le régiment a eu des pertes
sérieuses : 6 officiers tués, 20 officiers blessés ou
disparus, plus de 100 soldats tués et plus de 700 blessés
ou disparus, y compris les Sénégalais.
LORRAINE
Secteur de Vého (Avril à Août 1917)
Le 20 avril, le régiment cantonne à Bazoches.
Le lieutenant-colonel PHILIPPE prend le
commandement du 2e R.I.C. en remplacement du
colonel MAYER.
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Le 21 avril, le régiment est enlevé en camions
automobiles et va cantonner à Villevenard jusqu'au 26.
Il y reçoit un gros renfort (7 officiers et 315 soldats),
puis se porte dans la zone Trouan-le-Grand et
Trouan-le-Petit dans la journée du 27 et y reste deux
jours.
Le 29, il va dans la zone Aubigny-sur-Aube et le
30, vers Dampierre-sur-Aube.
Le 10 mai, le régiment embarque à Arcis-sur-Aube
pour gagner Bayon.
Le 24 mai, le 2e R.I.C. cantonne à Marainviller et
entre en secteur le 25 mai, pour occuper le sous-secteur
de Domjevin jusqu'au 21 août.
Pendant cette période, l'ennemi effectue, le 4 août,
un coup de main sur le front du régiment.
Depuis plusieurs jours, l'activité de l'artillerie
ennemie avait augmenté. On se demandait si ses tirs
n'étaient pas des représailles sur nos défenses
accessoires ou nos batteries qui avaient tiré plus que de
coutume, ou des réglages préliminaires en vue d'un
coup de main. Cette dernière opinion était celle du chef
de bataillon BOENNEC.
Le 4 août, à 1 heure précise, après une nuit très
calme, l'ennemi déclenche soudain un violent
bombardement par minen et obus de tous calibres (77,
88, 105 et 150) sur tout le front compris entre
Emberménil jusqu'au P.R. Unal (quartier Zeppelin).
Peu après, entre 1 h. 15 et 1 h. 30, une attaque
d'infanterie ennemie déclenchée à 1 heure, frappe
surtout les P.R. Gimel, Cuisiniers, Poiriers,
Sapinières-Station, les P.C. des Quatre-Chemins et
des Deux-Noyers, les principaux boyaux d'accès
(Cuisiniers, Poiriers), la route Vého – Quatre-
Chemins.
Dès le commencement du bombardement, toutes les
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garnisons du Quartier sont alertées, les emplacements
de combat pris. Le chef de bataillon BOENNEC,
contusionné au début de l'action, le commandement du
quartier Sapinières – Vého est pris par le capitaine
BENEZET.
Sur le front du quartier Sapinières, il n'y a aucune
action d'infanterie. Les patrouilles qui se trouvent à
l'extérieur de nos réseaux, surprises par le
bombardement peuvent rentrer dans nos lignes sans
rencontrer d'ennemis et sans pertes.
Entre 1 h. 15 et 1 h. 30, une violente attaque se
produit sur le front du C.R. des Deux-Noyers,
principalement à sa droite sur le P.R. Gimel.
La garnison de ce P.R. est constitué par un peloton
de la 6e compagnie du 2e R.I.C. (sous-lieutenant LE
CARS). Ce peloton détache deux groupes de quatre
hommes et un caporal aux petits postes 1 et 2, pour
assurer la surveillance rapprochée.
Dès le commencement du bombardement, la
garnison est immédiatement alertée et occupe ses
emplacements de combat. Une fraction disponible de
11 hommes reste dans son abri près du P.C. du
commandant du P.R., prête à parer à toute éventualité.
Le tir de barrage est demandé par fusées, la
communication téléphonique ayant été coupée et le
poste optique détruit par les obus.
Vers 1 h. 20, un violent combat s'engage. Les
Allemands pénétrant par trois brèches créées dans nos
réseaux par des charges allongées, attaquent nos petits
postes 1 et 2.
Le petit poste 1, renforcé par la section de l'adjudant
BRELIVET, résiste énergiquement, mais il est attaqué de
face par le groupe ennemi qui a pénétré par la brèche
faite devant le petit poste et en arrière par une fraction
qui s'était infiltrée dans la tranchée nord de l'ouvrage,
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est venue l'attaquer à revers par le boyau Gimel.
Il n'est pas possible de ravitailler BRELIVET en
grenades.
Ce dernier, après avoir épuisé toutes ses munitions,
se replie avec les survivants de son groupe par la plaine
et vient rejoindre le sous-lieutenant LE CARS à
l'extrémité sud de l'ouvrage.
Le petit poste 2, violemment assailli, ne peut résister
; tous ses occupants sont tués, blessés ou pris.
La fraction ennemie qui a attaqué le P.R. rentre dans
le boyau Gimel, le suit tout d'abord vers l'ouest et se
heurte à la chicane qui ferme l'entrée du P.R.
Cuisiniers. Arrêtée dans sa marche, elle revient sur ses
pas et contourne le P.R. Gimel par le sud, où elle est
arrêtée par le groupe du sous-lieutenant LE CARS.
Ce dernier, voyant l'irruption de l'ennemi dans son
P.R. a groupé le faible effectif dont il dispose au sud de
l'ouvrage à proximité de l'abri à munitions. Il reçoit
énergiquement l'ennemi qui avance par l'ouest et par
l'est et arrête net sa progression. Sur ces entrefaites
arrive par la plaine, une section de renfort commandée
par l'adjudant-chef LAMBACHE, envoyée par la
capitaine RICHER de FORGES, commandant le C.R.
L'ennemi se retire rapidement sans attendre le
nouveau choc et un bombardement terrible d'obus de
tous calibres et de minen s'abat sur le P.R.
L'adjudant-chef LAMBACHE reçoit l'ordre de pousser
en avant pour s'assurer que l'ouvrage a été
complètement évacué par les Allemands. Il se porte
immédiatement à la tranchée nord du P.R. qu'il dépasse
sans rencontrer personne. Le sous-lieutenant LE CARS
rend compte à 3 h. 30 que l'ennemi a évacué Gimel.
Les pertes s'élèvent à un caporal et quatre hommes
tués, un sergent, deux caporaux, deux hommes blessés,
un caporal et un homme disparus. les Allemands
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laissent six morts et six blessés sur le terrain.
Le P.R. Cuisiniers était défendu le 3 août, par un
peloton de la 11e compagnie du 39e R.I.T., commandé
par le sous-lieutenant FRENANT.
Au premier obus, tous les emplacements de combat
sont occupés et le tir de barrage est aussitôt demandé
par fusées.
A 1 h. 10, la sentinelle du boyau de Lille est
attaquée à la grenade. Elle riposte par un tir de F.M. et
le jet de quelques grenades. L'ennemi n'insiste pas.
A 1 h. 30, un groupe ennemi venant par le boyau
Gimel, tente de forcer la chicane du P.R. Il est
repoussé par nos grenadiers. Une petite fraction
allemande longe le réseau d'encerclement et tente une
irruption par la face sud de la position. Cette manœuvre
est éventée par nos sentinelles qui se trouvent à
proximité de la chicane. Le groupe est dispersé à coups
de fusil.
Voyant que l'éveil est donné et qu'ils ont perdu le
bénéfice de la surprise, les Allemands n'insistent pas
dans leur attaque sur le P.R. Cuisiniers et se replient.
Au début du bombardement, le capitaine RICHER de
FORGES, commandant le P.R. des Deux-Noyers, avait
été privé de toutes liaisons téléphoniques avec le P.R.
Gimel et peu après avec le P.R. Cuisiniers. Il avait pu
confirmer néanmoins à la batterie A.C.O. les demandes
de barrage faites à l'aide de fusées rouges par ses P.R.
Ses observateurs lui avaient signalé vers 1 h. 10 un
combat à la grenade vers Gimel et Cuisiniers. C'est le
seul renseignement qu'il put obtenir jusqu'à 2 h. 10 où
un agent de liaison du P.R. Gimel vint lui apporter une
demande de renfort verbale. Cet agent de liaison donna
quelques détails, l'ennemi avait pénétré dans le P.R.
dont la garnison tenait la partie sud. Le capitaine
RICHER de FORGES envoya aussitôt à Gimel une
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section de renfort sous les ordres de l'adjudant-chef
LAMBACHE.
Peu après, cette demande fut confirmée par un
message optique envoyé par le P.R. Cuisiniers et reçu
par l'intermédiaire du poste des Quatre-Chemins.
Le commandant du C.R. Vého ouest était relié à son
commandant de quartier par coureurs et optique. Le
téléphone avait été coupé dès le début de l'action avec
les Quatre-Chemins, néanmoins, il conserva toujours
la liaison téléphonique directe avec le P.C. du soussecteur
de Domjevin, par lequel il reçut tous les
renseignements sur la situation à sa droite. Ces
renseignements furent aussitôt communiqués au
commandant du quartier.
Prévenu à 2 h. 55 que le P.R. Belgique était occupé
par l'ennemi, que l'on était sans nouvelles de
Remabois, et que les Boches auraient été vus dans le
boyau de Remabois, le capitaine RICHER de FORGES
se couvrit à sa droite par une demi-section qu'il envoya
occuper la vieille tranchée des Deux-Noyers, à l'est de
l'emplacement de mitrailleuses N.D. 6.
A 4 h. 30, les deux artilleries cessèrent leur tir et tout
était terminé.
Dans le C.R. Vého-est, le bombardement affectait
surtout les P.R. Poncheville, Belgique et Remabois, et
était accompagné d'un violent barrage sur les boyaux
de Belgique, Remabois, route de Vého – Lintrey et
ligne de soutien. Ce tir comprenait des obus de tous
calibres (percutants et fusants) et des minen de gros
calibre.
Peu après, une très forte attaque d'infanterie avait
lieu sur le front du C.R. Elle rencontra une résistance
particulièrement acharnée des nôtres et s'y brisa. Le
grand nombre de cadavres allemands sur le terrain ainsi
que le chiffre de nos pertes donnent une idée de la
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violence de l'attaque.
Le P.R. Belgique surpris par l'ennemi compte 5
tués, 10 blessés et 37 disparus.
Le P.R. Remabois était défendu par un peloton de la
9e compagnie du 39e R.I.T. et une demi-section de la
10e compagnie du même régiment, sous les ordres
immédiats du commandant de la 9e compagnie.
L'entrée du P.C., où se trouve le commandant du
P.R. (capitaine FAUVELLE) ainsi qu'un officier de ronde
du 7e d'artillerie à pied (lieutenant ANGELIS) fut
obstruée par l'écroulement du boyau d'accès, tout au
début du bombardement. Un obus acheva la destruction
de l'abri et mit le feu aux fusées-signaux rassemblées
près du P.C. L'incendie gagna les boiseries disloquées
par l'effet des projectiles. Quelques instants après,
l'ennemi abordait le P.R. par la tranchée Lechère, la
tranchée Marmaz, le boyau Remabois et par la face
sud.
La garnison alertée aux premiers coups de canon,
occupait ses emplacements de combat. Le souslieutenant
BOURREAU défend les faces est et nord ; le
sous-lieutenant JOUETTE, la face sud dans laquelle se
trouve la fraction réserve de P.R.
Le sous-lieutenant BOURREAU refoule à la grenade
les assaillants qui avaient pénétré dans la tranchée
Lechère et la face est de l'ouvrage et réoccupe les
chicanes d'entrée dont les défenseurs ont été enlevés
dès le début.
Le sous-lieutenant JOUETTE repousse une fraction
qui avait abordé le P.R. par la face sud et qui tentait
d'incendier l'abri à l'aide de lance-flammes. Trois des
agresseurs sont tués, le reste recule et vigoureusement
poursuivi à la grenade, finit par abandonner le combat
et bat en retraite.
Le chef de bataillon commandant le C.R. Vého-est,
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est dès le début du bombardement privé de
communications téléphoniques avec ses P.R. de
première ligne et ne peut se mettre en liaison avec le
P.C. des Sources que par coureurs.
Sans aucun renseignement sur ce qui se passe en
première ligne, cet officier supérieur alerte sa réserve
de Vého – Vergers (10e compagnie du 39e R.I.T.) et lui
fait prendre position dans les tranchées de la ligne de
soutien au nord de Vého – Vergers.
Vers 2 heures, le sergent DAUMAS (du 2e R.I.C.) qui
est allé accompagner le lieutenant ANGELIS pendant sa
ronde, arrive à Vého – Vergers et rend compte que le
P.R. Remabois est fortement bombardé, entouré par les
Allemands dont il a vu un des groupes dans Ravaudouest.
Le commandant du C.R. Vého-est pousse
immédiatement une des sections de la compagnie de
réserve qui avait pris position au nord de Vého –
Vergers, vers l'ancienne tranchée de la Lucarne, avec
mission de battre et reconnaître le terrain en avant, de
façon à arrêter toute infiltration.
A 2 h. 30, un coureur envoyé vers Belgique revient
au P.C. du C.R. annonçant que le P.R. Belgique venait
d'être pris et la garnison était prisonnière. Une
patrouille est aussitôt envoyée sur Belgique pour
confirmation.
A 3 h. 15, un message du commandant du peloton
des Sources confirme que le P.R. Poncheville a été
attaqué et qu'il y a beaucoup de tués et de blessés par
suite du bombardement. Le commandant du peloton
sénégalais a envoyé une section de renfort au P.R.
Poncheville.
Le commandant du C.R. demande alors
téléphoniquement au lieutenant-colonel commandant le
sous-secteur, l'autorisation d'employer la compagnie
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réserve du sous-secteur Vého – Village. Cette
autorisation est accordée et trois sections se portent
rapidement aux Sources pour renforcer la réserve. La
4e section est conservée provisoirement à Vého –
Vergers pour parer à toute éventualité.
Sur ces entrefaites, la patrouille qui avait été
envoyée vers Belgique pour rapporter des
renseignements rentre, accompagnant le lieutenant
DESLANDE, commandant le P.R. Belgique, blessé
sérieusement au cours de l'attaque. Cet officier
confirme la prise du P.R. Belgique. En même temps,
trois prisonniers capturés par la section qui a pris
position à Lucarne, arrivent au P.C.
Ces divers renseignements sont immédiatement
communiqués au P.C. du sous-secteur qui prévient le
commandant du C.R. Vého-est que deux compagnies
du bataillon réserve de D.I. sont mises en mouvement
sur Vého, pour organiser, le cas échéant, une contreattaque
sur les positions perdues.
A 4 h. 30, arrive un nouveau message du
commandant du peloton des Sources annonçant que
l'ennemi a abandonné le combat à Poncheville, mais
qu'il y a eu de nombreuses pertes, en particulier le souslieutenant
JOUHAUD, commandant le P.R., tué. D'autre
part, deux nouveaux prisonniers sont capturés dans le
boyau Remabois et dirigés sur le P.C. du C.R.
L'ordre est donné à la compagnie coloniale dirigée
sur les Sources, de pousser des patrouilles sur
Remabois et Belgique, afin de s'assurer si l'ennemi s'en
est emparé et s'y maintient. Les deux compagnies de
réserve de D.I. avec le chef de bataillon CHIBASLASSALLE
arrivent à Vého – Vergers à 5 h. 30. Cet
officier supérieur prend le commandement du C.R.
Ces deux compagnies ne sont pas employées car,
peu après, arrive le renseignement que Remabois a
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tenu et que l'ennemi a évacué Belgique, qui vient d'être
réoccupé par la 7e compagnie du 2e colonial.
Tous les renseignements recueillis sur l'attaque du 4
août établissent qu'elle avait été montée par l'ennemi
avec un soin tout spécial et des effectifs très forts,
environ 800 hommes de Stosstrupps. Le matériel de
toute nature abandonné sur le terrain montre que les
Allemands n'avaient rien négligé pour la réussite de
cette opération, dont les résultats n'ont certainement pas
répondu à leur attente.
Grâce en effet à la vaillance déployée par nos
troupes, l'attaque ennemie s'est heurtée à une résistance
acharnée ; partout elle a échoué, sauf à Belgique.
L'ennemi a dû se retirer abandonnant 13 prisonniers et
une trentaine de cadavres sur le terrain et ramenant de
nombreux blessés.
Après cette affaire, le régiment va au repos. Le 22
août, il se rend à Marainviller, le 27 à Xermaménil et
le 28 à Hattonville, où il reste jusqu'au 19 septembre,
date à laquelle il s'embarque à Einvaux et se rend dans
la zone d'Echenay, dans la Haute-Marne.
VERDUN
(Septembre à Novembre 1917)
Les 24 et 25 septembre, le régiment est transporté en
camions automobiles à Verdun.
Sauf les permissionnaires, le régiment est presque au
complet et chaque bataillon est renforcé d'une
compagnie sénégalaise.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, le 2e bataillon
(chef de bataillon BOENNEC) monte en première ligne
dans la zone du Chaume, quartier des Deux-Bois.
Le 1er bataillon (chef de bataillon CHIBAS-
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LASSALLE) dans la même nuit, remplace le bataillon de
réserve, dans la région du ravin de l'Hermitage.
Le 3e bataillon (chef de bataillon GROSSARD) se
porte en première ligne dans le quartier des Quatre-
Chemins, dans la nuit du 27 au 28.
Nous relevons des éléments du 53e R.I.C. à droite et
du 320e de ligne à gauche.
Ces deux régiments ont été fortement éprouvés par
l'attaque allemande du 24 septembre. A droite, nous
sommes en liaison avec le 415e de ligne et à gauche
avec le 6e R.I.C.
Le lieutenant-colonel PHILIPPE rejoint le P.C.
Louise le 27 et prend le commandement de la zone le
28. La situation était délicate, car tranchées et boyaux
en première ligne étaient à peine ébauchés et
continuellement démolis par le bombardement adverse.
Les défenses accessoires n'existaient pas ; les quelques
réseaux bruns ou ribards posés étaient immédiatement
détruits par le bombardement allemand. Notre aviation
était notoirement insuffisante, et les avions ennemis
régnaient en maitre dans les airs, explorant nos
positions de l'avant et de l'arrière, descendant très près
du sol et ne s'éloignant un peu que par suite du tir des
mitrailleuses. Les Allemands faisaient un grand usage
des obus à gaz toxiques (lacrymogènes et ypérite), nous
causant ainsi des pertes assez lourdes.
Le terrain est formé de vallonnements et de collines
sur lesquels autrefois s'étalaient verdoyants les bois
touffus du Chaume, de l'Herdebois, de la Caillette,
de Bezonvaux, d'Hardaumont. Aujourd'hui c'est un
paysage lunaire qui s'offre à nos yeux. Le terrain est
bouleversé, ravagé, retourné par les obus. Il semble un
véritable échiquier de trous d'obus ; quelques rares
troncs d'arbres calcinés rappellent par ci et par là
l'ancienne végétation. L'humus a disparu.
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Terrain de désolation. On sent la mort à chaque pas.
Les milliers de morts eux-mêmes tombés là depuis
février 1916 ne dorment pas en paix ; leurs tombes sont
retournées par la mitraille.
Qui ne se rappelle ces noms à jamais célèbres : les
carrières d'Haudremont, le ravin du Helly,
d'Eurias, de la Neuville, etc...
Le Boche criminel y lance à tout instant les gaz les
plus nocifs qui circulent au fond des ravins, font de
nombreuses victimes et se dissipent lentement.
Le ravitaillement est pénible. Il faut aller loin,
monter et descendre sans cesse, franchir rapidement
sous les barrages journaliers le fond des ravins, suivre
d'interminables boyaux souvent bombardés. C'est là que
pendant deux mois, les vaillants soldats du 2e R.I.C.
vont faire preuve d'une endurance héroïque.
Dans la nuit du 24 au 25 septembre, le bataillon
GROSSARD qui se portait au P.C. de l'Hermitage est
arrêté par un violent tir de barrage ; les gaz toxiques
s'accumulant dans les fonds, la 9e compagnie et la 3e
compagnie sénégalaise sont très sérieusement
éprouvées. L'artillerie allemande pendant tout ce séjour
été d'une activité inaccoutumée.
Chaque jour un tir de barrage était déclenché au petit
jour et le soir à la tombée de la nuit. Notre 75 y
répondait généralement avec beaucoup de célérité et de
précision.
Dans la nuit du 28 au 29 septembre, à la suite d'un
violent tir de barrage allemand, quatre groupes ennemis
tentent d'approcher du front du bataillon GROSSARD,
tandis qu'un autre était signalé devant le front du
bataillon BOENNEC.
Notre première ligne ne fut pas endommagée.
Les Allemands exécutèrent en même temps un tir
violent vers l'arrière avec obus toxiques et causèrent
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des pertes parmi les troupes de réserve (1er bataillon,
CHIBAS-LASSALLE), les corvées de ravitaillement et les
travailleurs.
L'accumulation des gaz toxiques était telle que le
médecin-chef, avec la plus grande partie de son
personnel, fut intoxiqué dans son poste de secours du
ravin de la Vauche, malgré toutes les précautions
prises. Le poste de secours dut être évacué et transporté
au ravin de l'Hermitage.
Le colonel fit adresser à tous ses vaillants soldats le
bel Ordre suivant, pour leur dire sa confiance :
Le régiment occupe une position dite des Chaumes,
reconquise récemment par les troupes françaises et dont la
possession a son importance capitale aussi bien pour
l'ennemi que pour nous.
Le 25 septembre, l'ennemi a lancé une forte attaque pour
reprendre cette position. Il a subi un échec complet, grâce à
la résistance héroïque des troupes que nous avons relevées.
Le général VON SADERN, haranguant sa division en vue
de cette attaque, s'est exprimé dans ces termes : « l'ancienne
position allemande doit être enlevée coûte que coûte et il
faudra s'y maintenir ».
Il faut donc nous attendre, au cours de notre séjour dans
la région, à de nouvelles attaques de l'ennemi. Serons-nous
soldats coloniaux, inférieurs à nos camarades de l'armée
métropolitaine ?
Je vous dis à vous mes amis : Notre mission est bien
simple. Il faut tenir coûte que coûte sur la position dont nous
avons la défense. L'ennemi ne s'en emparera qu'en marchant
sur nos cadavres.
Le chef de corps compte que tous sont prêts aux plus
grands sacrifices pour mener à bien la tâche qui leur
incombe.
Haut les cœurs !
Que Dieu nous garde et seconde nos efforts !
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Le commandant de la 6e compagnie (gauche) qui
avait demandé au colonel que l'artillerie de barrage soit
vigilante, car ses hommes étaient figés dans la boue,
qu'on ne pouvait réussir à écouler et don il signalait
l'état de fatigue, leur donna lecture des chaudes paroles
du colonel.
Les vaillants guerriers du 2e R.I.C. réconfortés par
leur chef tiennent stoïquement en dépit du froid et de la
pluie persistante.
En descendant des tranchées, un officier et cinquante
hommes furent évacués pour gelure des pieds, mais ils
avaient conservé la position.
Le 1er octobre, à 5 h. 45, violent tir de barrage de
tous calibres donnant l'impression d'une attaque ; elle se
produit sur le 415e de ligne et notre compagnie de
droite, du bataillon BOENNEC, prend part à la lutte. Ses
trois lieutenants y furent blessés. Le 415e subit des
pertes importantes.
Le 2 octobre, à 21 heures, le bombardement
redoubla d'intensité devant le bataillon GROSSARD,
mais l'infanterie allemande ne put déboucher, arrêtée
net par nos tirs de barrage.
Dans la nuit du 3 au 4 octobre, le 1er bataillon relevé
va cantonner aux ravins du Helly et de la Couleuvre.
Le 2e bataillon, dans la nuit du 4 au 5, s'établit aux
abris Fleury, le 3e bataillon au champ de tir.
Cette période fut très dure, surtout pour le 3e
bataillon. Nos pertes sont considérables et dues presque
uniquement aux gaz et bombardements :
Officiers : tués, 2 ; blessés ou intoxiqués, 10 ;
disparus, 2 ; total : 14.
Troupe, 2e R.I.C. : tués, 47 ; blessés ou intoxiqués,
338 ; disparus, 7 ; total : 392.
67e B.T.S. (Européens) : tué, 1 ; blessés ou
intoxiqués, 26 ; disparus, 2 ; total : 29
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67e B.T.S. (Indigènes) : tué, 18 ; blessés ou
intoxiqués, 189 ; disparus, 7 ; total : 243.
Les 4 et 5 octobre, le 2e R.I.C. est relevé dans la
zone Chaume par le 5e R.I.C., et placé en réserve aux
ravins du Helly et de la Couleuvre, aux abris Fleury
et à ceux du champ de tir. Dans cette situation, les
hommes n'ont joui que d'un repos relatif, car tous les
abris sont insuffisamment aménagés et il leur est
impossible de procéder à des soins de propreté
corporelle ou de laver leur linge. Les bombardements y
sont des plus fréquents.
Le 8 octobre, le régiment remonte en ligne pour
relever le 6e R.I.C. dans la zone Herdebois, avec des
effectifs très réduits par les pertes subies, également du
départ des permissionnaires et du renvoi, le 6 octobre,
des compagnies sénégalaises. Les compagnies du 1er
bataillon (CHIBAS-LASSALLE) qui est en première ligne
et celles du 3e bataillon (GROSSARD) ne comptent guère
à leur effectif qu'une moyenne de 60 hommes.
Les nuits sont noires, le temps sombre et pluvieux,
les relèves et les corvées de ravitaillement deviennent
de plus en plus difficiles. Il est inutile de songer aux
boyaux pour la circulation, il faut utiliser les pistes,
c'est-à-dire marcher à découvert.
Dès le 6, le bombardement allemand était tellement
intense sur le front de la 15e D.I.C. qu'on pouvait
s'attendre à une attaque ; des prisonniers déclarèrent
qu'elle aurait lieu le 7 si le mauvais temps ne s'y était
opposé.
Le 1er bataillon s'établit en première ligne dans le
quartier Azanne, dans la nuit du 8 au 9. Dans la nuit
du 9 au 10, le 2e bataillon vient se placer à la gauche,
dans le quartier Hadime. Le 3e bataillon est porté en
réserve dans les ravins du Helly et de la Couleuvre.
Le lieutenant-colonel PHILIPPE arrive au P.C.
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Maistre dans la matinée du 10 octobre.
Le 10 octobre, à 4 h. 45, se déclenche un tir de
bombardement allemand d'une violence extrême sur
nos premières lignes avec des obus incendiaires. Vers 5
heures, l'infanterie allemande attaque les tranchées de
Lohengrin et du Delta, occupées par les 1re et 2e
compagnies. La défense est vigoureuse, mais l'ennemi
fait usage de minenwerfer. La supériorité numérique
des Allemands est énorme et les sections de soutien se
fondent rapidement dans la lutte. La 1re compagnie est
anéantie avec tous ses officiers.
Les survivants d'une section privée de chef ne
savaient quelle conduite tenir. A ce moment critique, on
entend quelqu'un crier : « Et moi ! qu'est-ce que je fais
là ? Eh bien, les gars, c'est moi qui commande la
section ! ».
C'était le caporal LESSARD (Ernest), à peine revenu
à ses sens d'un ensevelissement par obus, blessé à la
tête, saignant de la bouche et des oreilles, oubliant de se
faire soigner, toujours prêt à riposter aux assauts
opiniâtres de l'ennemi. Les hommes hypnotisés par le
courage du caporal opposent la plus héroïque résistance
à l'ennemi, dont l'attaque se brisa sur ce noyau de
braves.
Les débris de la 2e compagnie se rallient autour du
lieutenant SEBELIN qui se replie vers la gauche, le long
de la route d'Ornes.
A 9 heures, une première contre-attaque (3e
compagnie, capitaine KERVELLA) est lancée, mais
échoue devant la supériorité de l'ennemi.
Le bataillon RYCKLINCK, du 6e colonial, quoique
éprouvé, vient au secours du 2e colonial. A 14 heures, il
tente une deuxième contre-attaque, une troisième sera
tentée à 17 h. 30.
Ces contre-attaques bien que vigoureusement
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menées ne nous permettent pas de reprendre notre
première ligne, mais elles arrêtent la progression de
l'adversaire et l'empêchent de s'emparer de la position
qu'il convoitait.
Nous nous établissons dans la tranchée des Renards.
La liaison avec le bataillon BOENNEC a été
constamment conservée, celle avec le 5e R.I.C. a été
rétablie dans la journée.
Le bataillon BOENNEC avait une section anéantie
par les lance-flammes.
Notre ligne se reconstituait malgré un
bombardement intense qui n'a pas arrêté de la journée.
Dans la nuit du 11 au 12, le bataillon GROSSARD
relève les bataillons RYCKELINCK et CHIBASLASSALLE
fort éprouvés. Le 23e de ligne arrive en
renfort de D.I.
Le bombardement allemand diminue d'intensité à
partir du 11 ; aucune action d'infanterie. La relève des
2e et 3e bataillons du 2e R.I.C. s'effectue dans les nuits
du 13 au 14 octobre, sans incident notable ; ils viennent
cantonner dans la région de Verdun, d'où ils seront
enlevés par camions-autos pour être transportés dans la
zone de Joinville-sur-Marne, le 16 octobre.
Nos pertes pour cette période sont de :
Officiers : blessés ou évacués, 6 ; disparus, 8 ; total :
14.
Troupe : tués, 34 ; blessés, 155 ; disparus, 179 ; total
: 368.
Les derniers jours furent pénibles par suite de la
température glaciale.
Le 2e colonial a subi des pertes cruelles et dans des
circonstances particulièrement pénibles, perdant plus de
la moitié de ses officiers engagés et de ses soldats.
Sans abris, dans un terrain bouleversé, à l'aspect
chaotique et devant un ennemi supérieur en nombre et
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toujours agressif, sous les bombardements les plus
violents et malgré pluie, boue, froid et privations de
toutes sortes, le 2e R.I.C. a tenu jusqu'au bout le secteur
qui lui était confié, avec un moral imperturbable.
« Je tiens à signaler, écrit dans son rapport le chef de
bataillon BOENNEC, d'une façon toute spéciale, la
tenue, le moral de la troupe qui, sous le bombardement
incessant, sous une pluie presque continuelle, dans la
boue au-dessus du genou, a continué à tenir et à souffrir
physiquement, conservant le terrain qu'elle avait la
mission de garder. »
Le 13 octobre 1917, le régiment descendit des lignes
et le 17, le colonel PHILIPPE faisait l'éloge suivant de sa
résistance et de son courage :
AUX OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS, CAPORAUX ET
SOLDATS DU 2e COLONIAL :
Je suis heureux de vous adresser à tous mes félicitations
pour la brillante conduite que vous avez tenue au cours de
votre séjour dans la région de Verdun et de vous témoigner
mon entière satisfaction.
Pendant cette dure période de 20 jours, vous avez fait
preuve, dans les circonstances les plus difficiles, de plus
belles qualités militaires. Je ne fais pas seulement allusion à
votre bravoure, qui est l'apanage de tous, mais j'admire votre
abnégation, votre ténacité, votre endurance à supporter sans
le moindre murmure les pires fatigues, en un mot votre esprit
de sacrifice. Vous avez parfaitement répondu à l'appel que je
vous ai fait le 30 septembre.
L'ennemi, grâce à une supériorité numérique considérable
et à des moyens matériels également supérieurs a pu, il est
vrai le 10, s'emparer d'une faible partie de notre première
ligne, mais par des contre-attaques qu'il qualifie lui-même de
furieuses dans son communiqué, rendant ainsi hommage à
votre vaillance, vous l'avez empêché de reprendre coûte que
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coûte, comme il se l'était proposé, son ancienne position.
Cette position vous l'avez tenue, vous, coûte que coûte
comme je vous le demandais, c'est-à-dire en vous sacrifiant.
Honneur à vous les survivants! Honneur à vos camarades,
officiers et soldats, morts glorieusement pour la Patrie!
Je le proclame hautement, avec des soldats tels que vous,
mes bons amis, la Victoire est certaine.
Un renfort de 262 hommes arrive le 20 octobre.
Le lendemain, le régiment reçoit les félicitations du
général GUÉRIN et du général COLONNA d'ISTRIA, en
ces termes :
Ordre général N° 262 de la 15e D.I.C.
Appelés à remplir une mission toute de sacrifice,
Marsouins et Bigors de la D.I. l'ont accomplie dans des
circonstances particulièrement pénibles, avec une fermeté
digne de leurs anciens.
Malgré ses attaques incessantes, l'ennemi, très supérieur
en moyens, n' a pu leur arracher l'importante position qui
leur était confiée.
Le général commandant la D.I. adresse à tous ses plus
vives félicitations et ses remerciements.
Signé : GUÉRIN.
Ordre général N° 18/B de l'I.D. 15 C.
Aux 2e, 5e, et 6e R.I.C., appuyés par une belle artillerie,
était échu le grand honneur de conserver les importantes
positions conquises dans le secteur des Chambrettes
pendant la bataille commencée le 20 août 1917.
Exaspéré par ses échecs des 9 et 24 septembre, l'ennemi
avait mis en action sur ce front de notre éternelle forteresse,
les moyens de destruction et d'attaque les plus puissants
comme les plus perfectionnés. Pendant quinze jours, il avait
bouleversé nos lignes, empoisonné notre atmosphère. Ses
troupes d'élite, longuement préparées, devaient le 10 octobre
envahir aisément les positions âprement convoitées.
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L'énergie indomptable de nos officiers et soldats, leur
souffle patriotique, leurs aptitudes guerrières ont dominé
toute la puissance de destruction de l'ennemi, en lui
infligeant un nouvel et sanglant échec.
Avec notre grande armée, les marsouins connaitron