Paul REYNAUD

Paul REYNAUD (1878-1966), homme politique du centre-droit, commence une carrière d’avocat avant d’être élu député modéré des Basses-Alpes en 1919 puis député du 2éme arrondissement de Paris de 1928 à 1940. Spécialiste des questions économiques et financières, il est tour à tour ministre des Finances (mars- décembre 1930), ministre des Colonies (janvier 1931-février 1932) puis ministre de la Justice (février-mai 1932). Volontiers anticonformiste, assez indépendant des grands partis, il s’impose comme une personnalité marquante de la droite modérée, n’hésitant pas à mettre en avant ses opinions et à s’opposer aux gouvernements. En 1934, il défend seul les mérites économiques de la dévaluation s’opposant ainsi à la politique de Pierre Laval. Il est également le défenseur du colonel de Gaulle qui préconise la formation d’un corps de blindés motorisés.
Reynaud, fervent adversaire de la politique de Munich, se prononce en faveur d’un rapprochement avec la Russie et l’Angleterre. En mars 1940, la Présidence fait appel à lui comme président du Conseil. De mai à juin, face aux échecs militaires français, il procède à plusieurs remaniements ministériels ; Weygand est nommé commandant en chef des armées à la place de Gamelin, le Maréchal Pétain devient vice-président du Conseil et le Général de Gaulle sous-secrétaire à la défense et à la guerre. Partisan de la suite de la guerre et opposé à l’idée d’armistice, il démissionne le 16 juin 1940 et cède la place au Maréchal Pétain.
Le 6 septembre, P.Reynaud est arrêté comme "individu dangereux pour la sûreté de l’Etat". Condamné sans jugement par la cour de Riom, il est interné en Ardèche puis au fort du Portalet, dans les Pyrénées de novembre 1941 à novembre 1942. Il est ensuite déporté en Allemagne de 1942 à 1945 à Oranienburg puis au château d’Itter en Bavière jusqu’à sa libération par les Américains le 5 mai 1945.