SAINT - CYR

La fondation
C’est en 1802, dans le cadre de la loi réorganisant l’enseignement public, que Bonaparte, Premier consul, décide qu’« il sera établi dans une des places fortes de la République une école spéciale militaire, destinée à enseigner à une partie des élèves sortis des lycées les éléments de l’art de la guerre ».
En 1803, cette « École spéciale » reçoit ses premiers élèves, à Fontainebleau ; elle ne rejoint Saint-Cyr qu’en 1808. Napoléon lui donne un drapeau et sa devise :
ILS S’INSTRUISENT POUR VAINCRE.
L’École fournit alors des officiers dotés d’une excellente formation militaire et morale ainsi que d’une bonne culture générale. Admission et sortie se font en fonction des besoins de la Grande Armée.
 

De la Restauration au Second empire


En 1815, les Bourbons font de l’institution napoléonienne une simple école préparatoire, en attendant la réouverture de l’École royale militaire, créée à Paris en 1751. Finalement l’École spéciale militaire, devenue royale, renaît, en 1818 et à Saint-Cyr.


Organisée de façon rationnelle, le recrutement en est plus strict, les études y durent deux ans, l’ouverture à la culture générale s’élargit. L’École forme les officiers des Gardes du corps du Roi, du Corps d’état-major, de l’Infanterie et de la Cavalerie. Les renvois sont fréquents pour inaptitude à l’emploi futur ou travail insuffisant.
Sous la Restauration naissent les premiers usages traditionnels, le nom de Premier bataillon de France et la cérémonie du Triomphe, marquant la fin des études.


De 1830 à 1870, l’École se conforte dans l’exécution de sa mission. Chargée de former une élite militaire, elle continue à transformer des lycéens souvent frondeurs en officiers capables d’inculquer le respect de l’ordre et le sens du devoir à leurs soldats.


Les conditions d’admission changent. Si dès 1830 les meilleurs des sous-officiers bénéficient d’une possibilité d’accès, même restreinte, à partir de 1852, le diplôme de bachelier est exigé pour concourir.


L’uniforme, peu différent de l’actuel, date de 1845 et le fameux casoar apparaît en 1855. Dans les années 1830, les promotions se distinguent par un nom, origine de la cérémonie du Baptême.


A la veille de la guerre de 1870, l’École compte déjà quatre maréchaux de France : Pélissier, Canrobert, Mac-Mahon et Forey.

Les guerres contre l’Allemagne
De 1870 à 1914, Saint-Cyr, comme tout le pays, forge les hommes et les armes de la revanche. La formation militaire est modernisée, la culture générale encore développée.


Si les esprits restent tournés vers l’Alsace et la Lorraine, les officiers, au premier rang desquels se tiennent les Saint-Cyriens, démontrent outre-mer qu’ils sont, une fois les armes posées, des administrateurs qui tracent des routes, ouvrent des dispensaires et des marchés, animent des écoles, garantissent la paix. Ceux qui n’ont pas choisi l’aventure coloniale préparent l’Armée de la future victoire. Mais c’est aussi l’ouverture au monde social ; ainsi, Albert de Mun, Saint-Cyrien, contribue largement à l’élaboration de la législation protectrice de la classe ouvrière.

Après la Grande Guerre, l’École peut s’enorgueillir de quatre maréchaux de plus, Pétain, Gallieni, Lyautey et Franchet d’Espèrey. Mais le tribut à la victoire est lourd : la seule promotion de la Croix du Drapeau, à l’École en 1913-1914 et partie aussitôt pour le front, voit tomber pour la Patrie 310 de ses 535 membres.


La paix revenue, la même mission de formation reprend à Saint-Cyr, pour l’Armée de terre bien sûr mais aussi, jusqu’en 1937, au profit de la future armée de l’Air.


En 1939, tous les Cyrards rejoignent les régiments. Avec l’armistice, l’École rouvre à Aix-en-Provence jusqu’en 1942, quand les Allemands envahissent la zone libre : Saint-Cyr n’existe plus. Divers centres s’efforcent alors de la suppléer afin de répondre aux besoins des combats. L’un d’eux, l’École militaire interarmes de Cherchell, reçoit, en 1945, avec le drapeau de l’École spéciale militaire, tout l’héritage saint-cyrien.


Transportée en Bretagne et devenue l’École spéciale militaire interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan, l’École voit son excellence reconnue, avec, outre le général de Gaulle, l’élévation au maréchalat, de Juin, de Lattre et Leclerc.
 


Le titre VI de la loi du 11 floréal an X, 1er mai 1802, stipulait : Il sera établi dans une des places fortes de la République une École spéciale militaire destinée à enseigner à une portion des élèves sortis des lycées les éléments de l'art de la guerre. Ainsi l'avait voulu le Premier Consul ; c'était l'acte fondateur de " Saint-Cyr ", dont nous célébrerons le bicentenaire en 2002. L'ancien régime n'avait pas pourvu l'Armée d'une école de formation spécifique, et les diverses tentatives étaient restées sans lendemain. L'École est d'abord implantée à Fontainebleau.


Mais l'Empereur la trouve trop proche de la cour, et la transfère à Saint-Cyr. Je veux, écrit-il, que devant les vieux soldats, les jeunes officiers puissent s'imposer rapidement par leur science, leur connaissance du métier, et leur endurance à supporter les fatigues et les privations.

Depuis 1802, l'histoire de l'École est intimement liée à celle de la France ; elle en épouse les gloires et les deuils. Elle paye un lourd tribut à ses sacrifices et à ses larmes. Sur 60 000 Saint-Cyriens sortis de l'École depuis 1802, 10 000 sont morts pour la France. Certaines promotions sont saignées à blanc : telle en 1918, la promotion " Croix du Drapeau " qui compte 294 tués sur 533 membres, la " Grande revanche " 428 sur 774. En mai 1940, l'École est détruite par l'aviation allemande. Elle survit à Ribbesford avec la France libre, à Aix-en-Provence, à Cherchell en Algérie.


Les Saint-Cyriens combattent avec Juin en Italie ; avec Leclerc au Fezzan, de Paris à Strasbourg et Berchtesgaden ; avec de Lattre de la Provence au Rhin et au Danube, tous maréchaux, tous anciens élèves. La " paix " revenue, l'École continue à payer son tribut de sang, en Indochine, en Algérie, au cours des multiples interventions et perd encore 1 500 de ses anciens élèves.

Aujourd'hui, sur décision du plus illustre des Saint-Cyriens, le Général de Gaulle, l'École est implantée à Coëtquidan, en Bretagne, conjointement avec les autres Écoles de formation de l'armée de terre, qui partagent avec elle les mêmes risques et vertus. Fidèles à leur devise, " Ils s'instruisent pour vaincre " les Saint-Cyriens portent toujours la grande tenue, pantalon rouge et casoar rouge et blanc. Depuis l'École napoléonienne, la formation a naturellement changé.
Elle met nos officiers au meilleur niveau des élites de la Nation par une formation globale, universitaire, militaire, physique et morale.


L'accès se fait par différentes voies, concours ou détention de certains diplômes universitaires, la scolarité étant adaptée aux différentes filières. À leur sortie, les jeunes officiers sont, selon leur spécificité, titulaires d'un diplôme d'ingénieur, ou d'un diplôme de haut niveau leur permettant de poursuivre des études supérieures spécialisées.
Ainsi, l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, vieille de deux siècles, est en réalité une jeune première, fidèle à son passé, mais ouverte sur l'avenir.

Général d'armée Gilbert Forray
ancien Grand Chancelier de la Légion d'honneur
ancien chef d'État Major de l'Armée de terre



LISTE DES GOUVERNEURS ET COMMANDANTS DE L’ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE

Son altesse impériale le prince Louis BONAPARTE, connétable de l’Empire,
nommé gouverneur par décret du 8 mai 1804.
Général de division baron J. Nicolas BELLAVENE,
gouverneur du 1er juillet 1812 au 1er août 1814.
Général de brigade comte Pierre A. DUPONT-CHAUMONT,
gouverneur du 2 août 1814 au 28 mars 1815.


COMMANDANTS

Général de brigade baron J. Nicolas BELLAVENE, 1803-1812, (général de division).
Général de brigade baron H. A. D. MEUNIER, 1812-1814, (lieutenant-général).
Général de brigade baron L. A. C. CAMUS de RICHEMONT, 1814-1815.
Général de division baron J. Nicolas BELLAVENE, 1815.
Maréchal de camp comte Maurice Henri d’ALBIGNAC de CASTELNAU, 1818-1821.
Lieutenant-général vicomte M. A. M. OBERT, 1821-1823.
Maréchal de camp comte A. C. de DURFORT, 1823-1827.
Maréchal de camp prince Octave de BROGLIE DE REVEL, 1827-1830.
Maréchal de camp vicomte A. N. LENOIR, août 1830.
Maréchal de camp baron L. A. C. CAMUS de RICHEMONT, 1830-1834.
Maréchal de camp comte Achille BARAGUEY D’HILLIERS, 1834-1841,
(maréchal de France)
Maréchal de camp Amédée CAMINADE, 1841-1842.
(Premier ancien élève de l’Ecole spéciale militaire à la commander).
Maréchal de camp A. P. P. B. de TARLE, 1842-1846.
Maréchal de camp marquis J. B. H. F. A. de RICARD, 1846-1849.
Général de brigade A. SALLEYX, 1849.
Général de brigade A. A. ALEXANDRE, 1849-1855.
Général de brigade comte Adolphe de MONET, 1855-1860, (général de division).
Général de brigade Louis de LABADIE d’AYDREN, 1860-1866, (général de division).
Général de brigade baron Henri de GONDRECOURT, 1866-1870, (général de division).
Général de brigade Louis HANRION, 1871-1880, (général de division, commandant de corps d’armée).
Général de brigade Claude CHOLLETON, 1880.
Général de brigade Armand DEFFIS, 1880-1886, (général de division).
Général de brigade Baptiste TRAMOND, 1886-1889,
(général de division. Concepteur du fusil mle 1886, dit Tramond-Lebel
mais seulement connu sous le nom de fusil Lebel, l’arme des Poilus de 1914-1918).
Général de brigade Eugène MOTAS d’HESTREUX, 1889-1893, (général de division).
Général de brigade Jules de MONARD, 1893-1896, (général de division).
Général de brigade Louis GOUJAT dit MAILLARD, 1896-1900.
Général de brigade A. C. PASSERIEU, 1900-1901, (général de division, commandant de corps d’armée).
Général de brigade Louis MARCOT, 1901-1906, (général de division).
Général de brigade Auguste DUBAIL, 1906-1908,
(général d’armée, commandant un groupe d’armées, Grand chancelier de la Légion d’honneur).
Général de brigade Charles HOLENDER, 1908-1910.
Général de brigade Elie VERRIER, 1910-1912, (général de division).
Général de brigade Louis BIGOT, 1912-1914, (général de division.)
Général de brigade Albert TANANT, 1919-1925, (général de division.)
Général de brigade Henri COLIN, 1925-1928, (général de division)
(Président de La Saint-Cyrienne.)
Général de brigade Henri HERSCHER, 1928-1931, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Aubert FRERE, 1931-1935, (général d’armée)
(Mort pour la France, en déportation)
Général de brigade Julien MARTIN, 1935-1937, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Auguste LUCIEN, 1937-1939, (général de division.)
Colonel Georges GROUSSARD, 1939-1940.
Général de brigade Henri PREAUD, 1940-1942, (général de corps d’armée.)
Colonel Jean THIEBAULT, 1942.
Colonel Pierre AGOSTINI, 1945, (général de division)
(Mort pour la France, des suites de maladies contractées en service.)
Général de brigade Guy SCHLESSER, 1946, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Eugène MOLLE, 1946-1949, (général de corps d’armée.)
Général de division Paul BONDIS, 1949-1951, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Gilbert FAYARD, 1951-1954, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Jean OLIE, 1954-1956, (général d’armée, chef d’état-major de la Défense nationale.)
Général de brigade Jacques de PARISOT de DURAND de LA BOISSE, 1956.
Général de brigade André JANNOT, 1956-1958, (général de division.)
Général de brigade Jean GOMBEAUD, 1958-1960, (général de division.)
Général de division Jean CRAPLET, 1960-1962, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Jean SIMON, 1962-1964, (général d’armée.)
(Secrétaire général de la Défense nationale, Grand chancelier de l'ordre de la Libération)
Général de brigade Alain de BOISSIEU DEAN de LUIGNE, 1964-1967, (général d’armée)
(chef d’état-major de l’Armée de Terre. Grand chancelier de la Légion d’honneur.)
Général de brigade Jean de LASSUS SAINT GENIES, 1967-1969, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Jean RICHARD, 1969-1972, (général d’armée.)
Général de brigade Jacques de BARRY, 1972-1975, (général d’armée)
(Secrétaire général de la Défense nationale)
Général de brigade Alain BIZARD, 1975-1977, (général de corps d’armée.)
Général de brigade André SCIARD, 1977-1980, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Gilbert FORRAY, 1980-1983, (général d’armée)
(chef d’état-major de l’Armée de Terre. Grand chancelier de la Légion d’honneur.)
-Général de brigade Jacques GREYFIE de BELLECOMBE, 1983-1986, (général de corps d’armée.)
Général de brigade André LAFONT, 1986-1989, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Etienne RENARD, 1989-1992, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Pierre FORTERRE, 1992-1995, (général d’armée)
Général de division Pierre COSTEDOAT, 1995-1998, (général d’armée)
(Gouverneur militaire de Paris)
Général de division Louis ZELLER, 1998-2000, (général d’armée)
(Inspecteur général des Armées)
Général de division Bruno CUCHE , 2000-2003, (général d’armée, CEMAT, 2006- )
Général de division, Jean COULLOUMME-LABARTHE, 2003-2006, (adjoint au SGDN, 2006- )
Général de brigade Nicolas de LARDEMELLE, 2006.


TITRES DE GLOIRE

L’École spéciale militaire (ESM) et l’École spéciale militaire interarmes (ESMIA)

L’École spéciale militaire reçoit son drapeau actuel le 3 décembre 1921. En 1942, lorsque est envahie la zone libre, le colonel Le Page (promotion des Croix de Guerre, 1919-1920) le sauve de la prise par les Allemands. A la Libération, le général de Gaulle en fait, avec le drapeau de l’École militaire de l’Infanterie et des Chars de combat (EMICC), les emblèmes de l’École militaire interarmes (EMIA) de Cherchell.
Le drapeau de l’École spéciale militaire porte les deux devises :


HONNEUR ET PATRIE
et
ILS S’INSTRUISENT POUR VAINCRE.

Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par l’Ecole.
La croix de la Légion d’honneur, concédée en 1914.
La croix de guerre 1914-1918 avec palme, concédée en 1922 avec la citation suivante :
« Par la valeur et l'héroïsme des officiers qu'elle a formés, a consacré, au cours de la Grande Guerre, sa longue tradition de sacrifice à la Patrie et a justifié d'éclatante façon sa devise glorieuse : "Ils s’instruisent pour vaincre" ».
La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1949, avec la citation suivante :
« Fidèle à ses traditions de dévouement à la Patrie, de courage, de discipline et d’honneur, l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr a brillamment formé des officiers qui, alliant à leurs compétences techniques un sens du devoir poussé jusqu’au sacrifice de leur vie, ont répandu sans mesure leur sang sur tous les champs de bataille de Syrie, du Maroc, de la Deuxième guerre mondiale et d’Indochine. A donné à la France une pléiade de grands chefs qui ont su conduire la Nation à la victoire. A ainsi hautement mérité la reconnaissance du Pays ».
La croix de guerre des TOE avec palme, concédée en 1953, avec la citation suivante :
« L’Ecole spéciale militaire interarmes, fidèle à sa tradition de dévouement absolu à la Patrie, n'a cessé de former, depuis la Libération, de jeunes promotions animées d'une foi ardente qui, aux côtés de leurs anciens, ont servi et continuent à servir avec héroïsme sur les champs de bataille d'Extrême-Orient. Elle a ainsi longuement contribué, au prix du sacrifice de près de huit cents des siens, à maintenir le prestige du pays et à sceller l'Union française par le plus éclatant des témoignages : celui du sang. Elle a bien mérité la reconnaissance de la Patrie ».
L’insigne du Mérite militaire chérifien, qui lui est remis en 1955 et dont le général Olié, commandant l’Ecole, dit dans son ordre du jour aux élèves-officiers :
« Cette distinction, la plus haute récompense marocaine des vertus militaires, reconnaît en vous la prestigieuse destinée de ceux parmi vos anciens qui ont donné leur vie ou le meilleur d’eux-mêmes pour une des plus belles réalisations humaines de la France : son œuvre au Maroc ».

L’École militaire interarmes (EMIA)

Après la dissolution de l’ESM en 1942, l’École militaire interarmes de Cherchell reçoit pour mission de former les cadres nécessaires à l’Armée d’Afrique. Elle accueille ainsi des Saint-Cyriens qui n’avaient pu achever leur scolarité à Aix-en-Provence et par la suite les jeunes gens ayant satisfait aux concours de 1943 et de 1944.
Le 2 avril 1945, en présence du général de Gaulle, les deux emblèmes de l’ESM et de l’EMICC sont remis à l’Ecole militaire interarmes.
Installée à Coëtquidan, elle reçoit, le 12 juillet 1946, un emblème propre sous les plis duquel servent les Saint-Cyriens jusqu’au 23 mai 1947, quand est créée l’École spéciale militaire interarmes (ESMIA), qui prend comme emblème le drapeau de l’ESM de 1921.
Le drapeau de l’École militaire interarmes mérite donc d’être rappelé dans les titres de gloire saint-cyriens. Il porte la seule devise :
HONNEUR ET PATRIE


Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par cette École.
La croix de guerre des TOE avec palme, concédée en 1962, « au même titre que l’École spéciale militaire » et pour la même citation.
-La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1968, « au même titre que l’École spéciale militaire » et pour la même citation.
La croix de guerre 1939-1945, à nouveau, en 1987, afin de rappeler celle attribuée en 1950 à l’EMIA de Cherchell, avec la citation à l’ordre de l’Armée, suivante :
« Du 8 novembre 1942 au 8 mai 1945 et après l’envahissement total de la métropole, l’École militaire de Cherchell a maintenu la tradition des Écoles d’officiers de France en inculquant aux élèves aspirants la foi dans les destinées et la grandeur de la Patrie ; a formé pour les armées de la Libération des chefs dignes de leurs aînés, ardents et animés du désir de vaincre, qui s’illustrèrent sur les champs de bataille de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne. S’est acquis ainsi au prix de lourds sacrifices, une part glorieuse dans la victoire de nos armes ».
Cette croix de guerre porte, outre la palme correspondant à la citation, une barrette de métal dorée avec l’inscription CHERCHELL.

L’École militaire des cadets de la France libre (EMCFL)

Quand elle formait de jeunes officiers pour les FFL, de 1941 à 1944, cette école n’avait qu’un fanion. Un drapeau à son nom est remis à sa garde puis à celle de l’ESMIA, le 12 mars 1956.


Le drapeau de l’EMCFL porte la seule devise :
HONNEUR ET PATRIE


Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par cette École.
La croix de la Légion d’honneur, concédée en 1955.
La médaille de la Résistance, concédée en 1944.
La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1952 avec la citation suivante :
« Dès 1940, reprenant les plus belles traditions de Saint-Cyr, a groupé et instruit les jeunes Français venus en Angleterre, désireux de lutter pour la libération de la Patrie. D’abord à Malvern, puis à Ribbesford, a formé cinq promotions qui se sont magnifiquement comportées sur les champs de bataille les plus divers. A sa dissolution, le 15 juin 1944, pouvait être fière d’avoir bien rempli sa mission, ainsi qu’en témoignent les multiples faits d’armes de ses anciens élèves dont 52 sont morts au Champ d’honneur. Son nom demeurera dans notre histoire militaire, comme celui du refuge où la jeune élite de notre armée apprit à vaincre pour libérer la France ».
La croix de guerre 1939-1945 luxembourgeoise, qui lui est concédée en 1985 par le grand-duc souverain Jean de Luxembourg.

Une promotion est l'ensemble des élèves rentrés la même année à Saint-Cyr.

Chaque promotion a une organisation propre hiérarchisée : c'est le Grand Carré.
Il constitue le groupe représentatif de la promotion et organise les manifestations et les activités de tradition laissées à l'initiative des élèves...

Les grands moments perpétués dans la vie d'une promotion à Saint-Cyr :

Le 2S, célébration de l'anniversaire de la bataille d'Austerlitz, le 2 Décembre 1805. A cette occasion les derniers élèves rentrés à l'École reçoivent au cours d'une cérémonie leur shako orné du Casoar.

Le Baptême de la Promotion, cérémonie traditionnelle, qui consiste à donner son nom à la nouvelle promotion et à lui confier la garde du Drapeau de l'École.

Le Triomphe est la fête de tradition de l'École, marquant le départ de la Promotion des anciens qui vient d'achever son cycle de formation.

Le Baptême et le Triomphe sont regroupés dans une seule et même manifestation.

Au cours de leurs trois années de scolarité, les élèves passent successivement du 3° bataillon au 2° bataillon, puis au 1° bataillon.
Chaque bataillon est aujourd’hui composé d’environ 180 élèves français et 15 étrangers, originaires principalement des pays d’Afrique francophone (cf. données statistiques détaillées pour les promotions récentes ci-dessous). Lors de son baptême en fin de deuxième année de scolarité, chaque promotion reçoit un nom, prenant ainsi place dans la longue chaîne des promotions de Saint-Cyr.

Liste des promotions de Saint-Cyr
Le premier baptême date de 1830, et la première promotion de l'École à être désignée autrement que par un numéro est celle "Du Firmament" (1830-1832), mais ce n'est qu'en 1835, avec le baptême de la promotion "De la Comète", que s'établit la tradition de donner un nom à chaque promotion.
La pratique consiste, à l'origine, à donner à la promotion un nom en rapport avec son année de baptême : ainsi, le nom de la promotion "De la Comète" est lié au passage de la comète de Halley.
Ce n'est que bien plus tard qu'est instaurée la tradition de donner aux promotions non plus le nom d'un événement récent, mais d'un haut fait d'armes ou d'un personnage dont l'exemple pourrait inspirer les jeunes baptisés.

Liste des promotions de Saint-Cyr
Numéro Année Nom de promotion


189 2002 - 2005 Général de Galbert
188 2001 - 2004 Général Vanbremeersch
187 2000 - 2003 Général Béthouart
186 1999 - 2002 Du Bicentenaire de Saint-Cyr
185 1998 - 2001 Chef d'escadrons Raffalli
184 1997 - 2000 De la France Combattante
183 1996 - 1999 Général Lalande
182 1995 - 1998 Colonel Cazeilles
181 1994 - 1997 Commandant Morin
180 1993 - 1996 Maréchal Lannes
179 1992 - 1995 Capitaine Stéphane
178 1991 - 1994 Chef de bataillon de Cointet
177 1990 - 1993 Général Guillaume
176 1989 - 1992 Capitaine Hamacek
175 1988 - 1991 Général Delestraint
174 1987 - 1990 Lieutenant Tom Morel
173 1986 - 1989 Général Callies
172 1985 - 1988 Cadets de la France Libre
171 1984 - 1987 Général Monclar
170 1983 - 1986 Lieutenant-Colonel Gaucher
169 1982 - 1985 Général de Monsabert
168 1981 - 1983 Grande Armée
167 1980 - 1982 Montcalm
166 1979 - 1981 Général Lasalle
165 1978 - 1980 Général Rollet
164 1977 - 1979 Maréchal Davout
163 1976 - 1978 Capitaine de Cathelineau
162 1975 - 1978 Capitaine Guilleminot
161 1974 - 1976 Lieutenant Darthenay
160 1973 - 1975 Maréchal de Turenne
159 1972 - 1974 Général de Linarès
158 1971 - 1973 Capitaine Danjou
157 1970 - 1972 Général de Gaulle
156 1969 - 1971 Général Gilles
155 1968 - 1970 Souvenir de Napoléon
154 1967 - 1969 Lieutenant-colonel Brunet de Sairigné
153 1966 - 1968 Maréchal Juin
152 1965 - 1967 Lieutenant-Colonel Driant
151 1964 - 1966 Corse et Provence
150 1963 - 1965 Serment de 14
149 1962 - 1964 Centenaire de Camérone
148 1961 - 1963 Bir-Hakeim
147 1960 - 1962 Vercors
146 1959 - 1961 Lieutenant-Colonel Jeanpierre
145 1958 - 1960 Maréchal Bugeaud
144 1957 - 1959 Terre d'Afrique
143 1956 - 1958 Général Laperrine
142 1955 - 1957 Maréchal Franchet d'Esperey
141 1954 - 1956 Lieutenant-colonel Amilakvari
140 1953 - 1955 Ceux de Dien Bien Phu
139 1952 - 1954 Union Française
138 1951 - 1953 Maréchal de Lattre
137 1950 - 1952 Extrême-Orient
136 1949 - 1951 Garigliano
135 1948 - 1950 Général Frère
134 1947 - 1949 Rhin et Danube
133 1946 - 1948 Général Leclerc
132 1945 - 1947 Nouveau Bahut
juin 1944 18 Juin
décembre 1943 Corse et Savoie
juin 1943 Fezzan-Tunisie
décembre 1942 Bir-Hakeim
juin 1942 Libération
131 1944 Rome et Strasbourg
130 1943 Veille au Drapeau
129 1942 Croix de Provence
128 1941 - 1942 Charles de Foucauld
127 1940 - 1941 Maréchal Pétain
126 1939 - 1940 De l'Amitié Franco-Britannique
125 1938 - 1939 De la Plus Grande France

Jargon

2 S : 2 décembre, en souvenir du 2 décembre 1805, bataille d'Austerlitz, au cours de laquelle sont tombés les premiers élèves de l'École militaire de Saint-Cyr; aujourd'hui jour de fête des corniches militaires qui voit les bizuths officiellement intronisés au sein de la Corniche,
Alpha : être alpha, c'est être admissible au concours d'entrée de l'ESM. Le statut s'appelle aussi l'alphature
Bahutage : Terme officieux désignant la période d'intégration dans toute unité militaire,
Baraguey (du nom du colonel Baraguey d'Hillier) : surnom donné à celui des encadrants réputé le plus dur et le plus teigneux
la Bazane : tout ce qui touche à l'Arme blindée cavalerie,
Bazar : élève de première année; équivalent de Bizuth pour les Saint-cyriens;
Bibelot: surnom donné aux Saint-Cyriens par les élèves de l'EMIA et de l'EMCTA pour railler leur côté précieux et fragile
Biffe: infanterie
Bizuth : élève de première année en corniche,
Bovins : Nom donné aux élèves des classes préparatoires du Lycée Militaire d'Autun.
Brutions : voir Ñass,
Colonel des Gardes : deuxième membre du Grand Carré, après le Père Système;
Corniche : Classes préparatoires au concours de Saint-Cyr,
Crocos: stagiaires africains à Saint-Cyr et Navale.
Cyrards : Saint-Cyriens.
les Dieux : membres du Cadre Noir de l'école de cavalerie de Saumur; mais aussi surnom donné aux élèves de dernière année de Saint-Cyr,
Dolo cornu : chant des dolos (voir plus haut) à l'École militaire interarmes.
l'esprit Khâl : esprit-concours; tout ce qui éloigne les prépas de l'ambiance "mili" (militaire),
Fanature : terme par lequel un futur élève-officier déclare sa préférence d'arme; on dit: Fana Légion pour ceux qui se destinent à servir dans ce corps ou bien Fana Colo pour ceux qui ont opté pour une carrière dans l'infanterie de marine; il existe aussi les Fanas Génie, les Fanas Bazane (pour les futurs cavaliers) et même quelques Fanas Transmissions ,etc.
Fine : représentant officiel du Grand Carré; un par section et compagnie du 1° Bataillon de France;
la Galette : épaulette dorée de sous-lieutenant remise aux élèves-officiers le jour du Triomphe et qui fait suite à la fameuse formule : "A genoux les Hommes ... Debouts, les Officiers ! " ; "la Galette" est aussi le titre d'une chanson traditionnelle, hymne officieux des Saint-Cyriens.
Glouglou : élève de l'École militaire du corps technique et administratif (Péjoratif),
le Grand Carré : Réunion des Anciens responsables des traditions au sein d'une promotion,
magouilleuse : ordinateur par lequel passent les notes. Donne parfois des résultats surprenants,
Ñass : surnom donné aux élèves du Prytanée de la Flèche,
l'Ours : la chambre des punis; chaque promotion se glorifie de son recordman de l'ours, c'est-à-dire de l'élève ayant écopé du maximum de jours d'arrêts passés à l'ours,
PBF : Premier branlé de France. Désigne le premier candidat restant sur la liste d'attente au concours une fois celle-ci close.
PDB : Pékin de Bahut: correspond à la fin de scolarité à Saint-Cyr,
Pédago : terme générique englobant tous les membres du corps enseignant; peu flatteur,
le Pékin de Bahut : chant traditionnel spécifiquement saint-cyrien commençant ainsi: "Trois Saint-Cyriens sont sortis de l'enfer / Un soir, par la fenêtre / ...". Pékin signifie "privé de..." et ce chant loue les mérites de la fin de la scolarité à Saint-Cyr;
Père Système (ou Systus) : anciennement le dernier reçu au concours d'entrée et délégué de sa promotion,
la Pompe : tout ce qui touche aux études académiques; par définition, sujet de mépris,
psycho : quelqu'un qui perd ses moyens dès qu'il s'agit de faire de l'ordre serré,
P'tit co : Abréviation de "petit conscrit" et non de petit copain; membres d'une même promotion,
la Stacke : autre surnom donné aux études théoriques ou de culture générale,
strasse : ensemble du personnel encadrant les élèves,
TBO : abréviation de Très Bahuté Officier; élève de deuxième année de Saint-Cyr,
le Triomphe : Jour du baptême d'une promotion, dont les membres accèdent au rang d'officier,
TVA : abréviation pour Très Vénérable Ancien; élève de deuxième année de corniche,
Vorace : terme générique désignant les officiers de l'encadrement militaire,
Z : responsable des traditions à chaque niveau des écoles militaires: de Z section à Z national
124 1937 - 1939 Marne et Verdun
123 1936 - 1938 Du Soldat Inconnu
122 1935 - 1937 Du Maréchal Lyautey
121 1934 - 1936 Du Roi Alexandre Premier
120 1933 - 1935 Du Roi Albert Premier
119 1932 - 1934 De Bournazel
118 1931 - 1933 Du Tafilalet
117 1930 - 1932 Joffre
116 1929 - 1931 Mangin
115 1928 - 1930 Du Maréchal Foch
114 1927 - 1929 Du Maréchal Gallieni
113 1926 - 1928 Du Sous-Lieutenant Pol Lapeyre
112 1925 - 1927 Du Maroc et de Syrie
111 1924 - 1926 Du Rif
110 1923 - 1925 Du Chevalier Bayard
109 1922 - 1924 De Metz et Strasbourg
108 1921 - 1923 Du Souvenir
107 1920 - 1922 De la Devise du Drapeau
106 1920 - 1921 De la Dernière de la Grande Guerre
105 1919 - 1921 De la Garde du Rhin
104 1919 - 1920 Des Croix de Guerre
103 1918 - 1920 De la Victoire
102 1917 - 1918 De Sainte Odile et Lafayette
101
100 1916 - 1917 Des Drapeaux et de l'Amitié Américaine
99 1914 De la Grande Revanche
98 1913 - 1914 De la Croix du Drapeau
97 1912 - 1914 De Montmirail
96 1911 - 1914 Des Marie-Louise
95 1910 - 1913 De la Moskowa
94 1909 - 1912 De Fes
93 1908 - 1911 De Mauritanie
92 1907 - 1910 Du Maroc
91 1906 - 1908 Du Centenaire
90 1905 - 1907 La Dernière du Vieux Bahut
89 1904 - 1906 Du Centenaire d'Austerlitz
88 1903 - 1905 De la Tour D'auvergne
87 1902 - 1904 Du Sud Oranais
86 1901 - 1903 Du Centenaire de la Légion d'Honneur
85 1900 - 1902 Du Tchad
84 1899 - 1901 D'in Salah
83 1898 - 1900 Marchand
82 1897 - 1899 De Bourbaki
81 1896 - 1898 La Première Des Grandes Manoeuvres
80 1895 - 1897 De Tananarive
79 1894 - 1896 D'Alexandre III
78 1893 - 1895 De Jeanne d'Arc
77 1892 - 1894 Du Siam
76 1891 - 1893 Du Soudan
75 1890 - 1892 De Constadt
74 1889 - 1891 Du Dahomey
73 1888 - 1890 Du Grand Triomphe
72 1887 - 1889 De Tombouctou
71 1886 - 1888 De Chalons
70 1885 - 1887 De l'Annam
69 1884 - 1886 De Fou Tchéou
68 1883 - 1885 De Madagascar
67 1882 - 1884 Des Pavillons Noirs
66 1881 - 1883 D'Egypte
65 1880 - 1882 Des Koumirs
64 1879 - 1881 Des Drapeaux
63 1878 - 1880 Des Zoulous
62 1877 - 1879 De Novi-Bazar
61 1876 - 1878 De Plewna
60 1875 - 1877 Dernière De Wagram
59 1874 - 1876 La Grande Promotion
58 1873 - 1875 De l'archiduc Albert
57 1872 - 1874 Du Shah
56 1871 - 1873 D'Alsace - Lorraine
55 1870 - 1872 De la Revanche
54 1869 - 1871 Du 14 août 1870
53 1868 - 1870 De Suez
52 1867 - 1869 De Mentana
51 1866 - 1868 Du Sultan
50 1865 - 1867 De Venetie
49 1864 - 1866 D'Oajaca
48 1863 - 1865 Du Danemark
47 1862 - 1864 De Puebla
46 1861 - 1863 Du Mexique
45 1860 - 1862 Du Céleste Empire
44 1859 - 1861 De Nice Et Savoie
43 1858 - 1860 De Solferino
42 1857 - 1859 De L'Indoustan
41 1856 - 1858 De Djurdjura
40 1855 - 1857 Du Prince Impérial
39 1855 - 1856 De Sebastopol
38 1854 - 1856 De Crimée
37 1853 - 1855 De Turquie
36 1852 - 1854 De l'Empire
35 1851 - 1853 De l'Aigle
34 1850 - 1852 De Kabylie
33 1849 - 1851 De Zaatcha
32 1848 - 1850 De Hongrie
31 1847 - 1849 De la République
30 1846 - 1848 D'Italie
29 1845 - 1847 D'Ibrahim
28 1844 - 1846 De Djemmah
27 1843 - 1845 D'Isly
26 1842 - 1844 Du Tremblement
24 1841 - Octobre 1843 D'Orient
24 1841 - Avril 1843 De la Nécessité
23 1840 - 1842 Des Cendres
22 1839 - 1841 De Mazagran
21 1838 - 1840 De l'an Quarante
20 1837 - 1839 De Constantine
19 1836 - 1838 De l'obélisque
(...)
18 1835 - 1837 De la Comète
(...)
13 1830 - 1832 Du Firmament

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