De la Restauration au Second empire
En 1815, les Bourbons font de l’institution napoléonienne une
simple école préparatoire, en attendant la réouverture de l’École
royale militaire, créée à Paris en 1751. Finalement l’École spéciale
militaire, devenue royale, renaît, en 1818 et à Saint-Cyr.
Organisée de façon rationnelle, le recrutement en est plus strict,
les études y durent deux ans, l’ouverture à la culture générale
s’élargit. L’École forme les officiers des Gardes du corps du Roi,
du Corps d’état-major, de l’Infanterie et de la Cavalerie. Les
renvois sont fréquents pour inaptitude à l’emploi futur ou travail
insuffisant.
Sous la Restauration naissent les premiers usages traditionnels, le
nom de Premier bataillon de France et la cérémonie du Triomphe,
marquant la fin des études.
De 1830 à 1870, l’École se conforte dans l’exécution de sa mission.
Chargée de former une élite militaire, elle continue à transformer
des lycéens souvent frondeurs en officiers capables d’inculquer le
respect de l’ordre et le sens du devoir à leurs soldats.
Les conditions d’admission changent. Si dès 1830 les meilleurs des
sous-officiers bénéficient d’une possibilité d’accès, même
restreinte, à partir de 1852, le diplôme de bachelier est exigé pour
concourir.
L’uniforme, peu différent de l’actuel, date de 1845 et le fameux
casoar apparaît en 1855. Dans les années 1830, les promotions se
distinguent par un nom, origine de la cérémonie du Baptême.
A la veille de la guerre de 1870, l’École compte déjà quatre
maréchaux de France : Pélissier, Canrobert, Mac-Mahon et Forey.
Les guerres contre l’Allemagne
De 1870 à 1914, Saint-Cyr, comme tout le pays, forge les hommes et
les armes de la revanche. La formation militaire est modernisée, la
culture générale encore développée.
Si les esprits restent tournés vers l’Alsace et la Lorraine, les
officiers, au premier rang desquels se tiennent les Saint-Cyriens,
démontrent outre-mer qu’ils sont, une fois les armes posées, des
administrateurs qui tracent des routes, ouvrent des dispensaires et
des marchés, animent des écoles, garantissent la paix. Ceux qui
n’ont pas choisi l’aventure coloniale préparent l’Armée de la future
victoire. Mais c’est aussi l’ouverture au monde social ; ainsi,
Albert de Mun, Saint-Cyrien, contribue largement à l’élaboration de
la législation protectrice de la classe ouvrière.
Après la Grande Guerre, l’École peut s’enorgueillir de quatre
maréchaux de plus, Pétain, Gallieni, Lyautey et Franchet d’Espèrey.
Mais le tribut à la victoire est lourd : la seule promotion de la
Croix du Drapeau, à l’École en 1913-1914 et partie aussitôt pour le
front, voit tomber pour la Patrie 310 de ses 535 membres.
La paix revenue, la même mission de formation reprend à Saint-Cyr,
pour l’Armée de terre bien sûr mais aussi, jusqu’en 1937, au profit
de la future armée de l’Air.
En 1939, tous les Cyrards rejoignent les régiments. Avec
l’armistice, l’École rouvre à Aix-en-Provence jusqu’en 1942, quand
les Allemands envahissent la zone libre : Saint-Cyr n’existe plus.
Divers centres s’efforcent alors de la suppléer afin de répondre aux
besoins des combats. L’un d’eux, l’École militaire interarmes de
Cherchell, reçoit, en 1945, avec le drapeau de l’École spéciale
militaire, tout l’héritage saint-cyrien.
Transportée en Bretagne et devenue l’École spéciale militaire
interarmes de Saint-Cyr Coëtquidan, l’École voit son excellence
reconnue, avec, outre le général de Gaulle, l’élévation au
maréchalat, de Juin, de Lattre et Leclerc.
Le titre VI de la loi du 11 floréal an X,
1er mai 1802, stipulait : Il sera établi dans une des places fortes
de la République une École spéciale militaire destinée à enseigner à
une portion des élèves sortis des lycées les éléments de l'art de la
guerre. Ainsi l'avait voulu le Premier Consul ; c'était l'acte
fondateur de " Saint-Cyr ", dont nous célébrerons le bicentenaire en
2002. L'ancien régime n'avait pas pourvu l'Armée d'une école de
formation spécifique, et les diverses tentatives étaient restées
sans lendemain. L'École est d'abord implantée à Fontainebleau.
Mais l'Empereur la trouve trop proche de la cour, et la transfère à
Saint-Cyr. Je veux, écrit-il, que devant les vieux soldats, les
jeunes officiers puissent s'imposer rapidement par leur science,
leur connaissance du métier, et leur endurance à supporter les
fatigues et les privations.
Depuis 1802, l'histoire de l'École est intimement liée à celle de la
France ; elle en épouse les gloires et les deuils. Elle paye un
lourd tribut à ses sacrifices et à ses larmes. Sur 60 000
Saint-Cyriens sortis de l'École depuis 1802, 10 000 sont morts pour
la France. Certaines promotions sont saignées à blanc : telle en
1918, la promotion " Croix du Drapeau " qui compte 294 tués sur 533
membres, la " Grande revanche " 428 sur 774. En mai 1940, l'École
est détruite par l'aviation allemande. Elle survit à Ribbesford avec
la France libre, à Aix-en-Provence, à Cherchell en Algérie.
Les Saint-Cyriens combattent avec Juin en Italie ; avec Leclerc au
Fezzan, de Paris à Strasbourg et Berchtesgaden ; avec de Lattre de
la Provence au Rhin et au Danube, tous maréchaux, tous anciens
élèves. La " paix " revenue, l'École continue à payer son tribut de
sang, en Indochine, en Algérie, au cours des multiples interventions
et perd encore 1 500 de ses anciens élèves.
Aujourd'hui, sur décision du plus illustre des Saint-Cyriens, le
Général de Gaulle, l'École est implantée à Coëtquidan, en Bretagne,
conjointement avec les autres Écoles de formation de l'armée de
terre, qui partagent avec elle les mêmes risques et vertus. Fidèles
à leur devise, " Ils s'instruisent pour vaincre " les Saint-Cyriens
portent toujours la grande tenue, pantalon rouge et casoar rouge et
blanc. Depuis l'École napoléonienne, la formation a naturellement
changé.
Elle met nos officiers au meilleur niveau des élites de la Nation
par une formation globale, universitaire, militaire, physique et
morale.
L'accès se fait par différentes voies, concours ou détention de
certains diplômes universitaires, la scolarité étant adaptée aux
différentes filières. À leur sortie, les jeunes officiers sont,
selon leur spécificité, titulaires d'un diplôme d'ingénieur, ou d'un
diplôme de haut niveau leur permettant de poursuivre des études
supérieures spécialisées.
Ainsi, l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, vieille de deux
siècles, est en réalité une jeune première, fidèle à son passé, mais
ouverte sur l'avenir.
Général d'armée Gilbert Forray
ancien Grand Chancelier de la Légion d'honneur
ancien chef d'État Major de l'Armée de terre
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LISTE DES GOUVERNEURS ET COMMANDANTS DE L’ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE
Son altesse impériale le prince Louis
BONAPARTE, connétable de l’Empire,
nommé gouverneur par décret du 8 mai 1804.
Général de division baron J. Nicolas BELLAVENE,
gouverneur du 1er juillet 1812 au 1er août 1814.
Général de brigade comte Pierre A. DUPONT-CHAUMONT,
gouverneur du 2 août 1814 au 28 mars 1815.

COMMANDANTS
Général de brigade baron J. Nicolas BELLAVENE, 1803-1812, (général
de division).
Général de brigade baron H. A. D. MEUNIER, 1812-1814, (lieutenant-général).
Général de brigade baron L. A. C. CAMUS de RICHEMONT, 1814-1815.
Général de division baron J. Nicolas BELLAVENE, 1815.
Maréchal de camp comte Maurice Henri d’ALBIGNAC de CASTELNAU,
1818-1821.
Lieutenant-général vicomte M. A. M. OBERT, 1821-1823.
Maréchal de camp comte A. C. de DURFORT, 1823-1827.
Maréchal de camp prince Octave de BROGLIE DE REVEL, 1827-1830.
Maréchal de camp vicomte A. N. LENOIR, août 1830.
Maréchal de camp baron L. A. C. CAMUS de RICHEMONT, 1830-1834.
Maréchal de camp comte Achille BARAGUEY D’HILLIERS, 1834-1841,
(maréchal de France)
Maréchal de camp Amédée CAMINADE, 1841-1842.
(Premier ancien élève de l’Ecole spéciale militaire à la commander).
Maréchal de camp A. P. P. B. de TARLE, 1842-1846.
Maréchal de camp marquis J. B. H. F. A. de RICARD, 1846-1849.
Général de brigade A. SALLEYX, 1849.
Général de brigade A. A. ALEXANDRE, 1849-1855.
Général de brigade comte Adolphe de MONET, 1855-1860, (général de
division).
Général de brigade Louis de LABADIE d’AYDREN, 1860-1866, (général de
division).
Général de brigade baron Henri de GONDRECOURT, 1866-1870, (général
de division).
Général de brigade Louis HANRION, 1871-1880, (général de division,
commandant de corps d’armée).
Général de brigade Claude CHOLLETON, 1880.
Général de brigade Armand DEFFIS, 1880-1886, (général de division).
Général de brigade Baptiste TRAMOND, 1886-1889,
(général de division. Concepteur du fusil mle 1886, dit
Tramond-Lebel
mais seulement connu sous le nom de fusil Lebel, l’arme des Poilus
de 1914-1918).
Général de brigade Eugène MOTAS d’HESTREUX, 1889-1893, (général de
division).
Général de brigade Jules de MONARD, 1893-1896, (général de
division).
Général de brigade Louis GOUJAT dit MAILLARD, 1896-1900.
Général de brigade A. C. PASSERIEU, 1900-1901, (général de division,
commandant de corps d’armée).
Général de brigade Louis MARCOT, 1901-1906, (général de division).
Général de brigade Auguste DUBAIL, 1906-1908,
(général d’armée, commandant un groupe d’armées, Grand chancelier de
la Légion d’honneur).
Général de brigade Charles HOLENDER, 1908-1910.
Général de brigade Elie VERRIER, 1910-1912, (général de division).
Général de brigade Louis BIGOT, 1912-1914, (général de division.)
Général de brigade Albert TANANT, 1919-1925, (général de division.)
Général de brigade Henri COLIN, 1925-1928, (général de division)
(Président de La Saint-Cyrienne.)
Général de brigade Henri HERSCHER, 1928-1931, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Aubert FRERE, 1931-1935, (général d’armée)
(Mort pour la France, en déportation)
Général de brigade Julien MARTIN, 1935-1937, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Auguste LUCIEN, 1937-1939, (général de division.)
Colonel Georges GROUSSARD, 1939-1940.
Général de brigade Henri PREAUD, 1940-1942, (général de corps
d’armée.)
Colonel Jean THIEBAULT, 1942.
Colonel Pierre AGOSTINI, 1945, (général de division)
(Mort pour la France, des suites de maladies contractées en
service.)
Général de brigade Guy SCHLESSER, 1946, (général de corps d’armée.)
Général de brigade Eugène MOLLE, 1946-1949, (général de corps
d’armée.)
Général de division Paul BONDIS, 1949-1951, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Gilbert FAYARD, 1951-1954, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Jean OLIE, 1954-1956, (général d’armée, chef
d’état-major de la Défense nationale.)
Général de brigade Jacques de PARISOT de DURAND de LA BOISSE, 1956.
Général de brigade André JANNOT, 1956-1958, (général de division.)
Général de brigade Jean GOMBEAUD, 1958-1960, (général de division.)
Général de division Jean CRAPLET, 1960-1962, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Jean SIMON, 1962-1964, (général d’armée.)
(Secrétaire général de la Défense nationale, Grand chancelier de
l'ordre de la Libération)
Général de brigade Alain de BOISSIEU DEAN de LUIGNE, 1964-1967,
(général d’armée)
(chef d’état-major de l’Armée de Terre. Grand chancelier de la
Légion d’honneur.)
Général de brigade Jean de LASSUS SAINT GENIES, 1967-1969, (général
de corps d’armée.)
Général de brigade Jean RICHARD, 1969-1972, (général d’armée.)
Général de brigade Jacques de BARRY, 1972-1975, (général d’armée)
(Secrétaire général de la Défense nationale)
Général de brigade Alain BIZARD, 1975-1977, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade André SCIARD, 1977-1980, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Gilbert FORRAY, 1980-1983, (général d’armée)
(chef d’état-major de l’Armée de Terre. Grand chancelier de la
Légion d’honneur.)
-Général de brigade Jacques GREYFIE de BELLECOMBE, 1983-1986,
(général de corps d’armée.)
Général de brigade André LAFONT, 1986-1989, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Etienne RENARD, 1989-1992, (général de corps
d’armée.)
Général de brigade Pierre FORTERRE, 1992-1995, (général d’armée)
Général de division Pierre COSTEDOAT, 1995-1998, (général d’armée)
(Gouverneur militaire de Paris)
Général de division Louis ZELLER, 1998-2000, (général d’armée)
(Inspecteur général des Armées)
Général de division Bruno CUCHE , 2000-2003, (général d’armée, CEMAT,
2006- )
Général de division, Jean COULLOUMME-LABARTHE, 2003-2006, (adjoint
au SGDN, 2006- )
Général de brigade Nicolas de LARDEMELLE, 2006.

TITRES DE GLOIRE
L’École spéciale militaire (ESM) et l’École
spéciale militaire interarmes (ESMIA)
L’École spéciale militaire reçoit son drapeau actuel le 3
décembre 1921. En 1942, lorsque est envahie la zone libre, le
colonel Le Page (promotion des Croix de Guerre, 1919-1920) le sauve
de la prise par les Allemands. A la Libération, le général de Gaulle
en fait, avec le drapeau de l’École militaire de l’Infanterie et des
Chars de combat (EMICC), les emblèmes de l’École militaire
interarmes (EMIA) de Cherchell.
Le drapeau de l’École spéciale militaire porte les deux devises :
HONNEUR ET PATRIE
et
ILS S’INSTRUISENT POUR VAINCRE.
Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par l’Ecole.
La croix de la Légion d’honneur, concédée en 1914.
La croix de guerre 1914-1918 avec palme, concédée en 1922 avec la
citation suivante :
« Par la valeur et l'héroïsme des officiers qu'elle a formés, a
consacré, au cours de la Grande Guerre, sa longue tradition de
sacrifice à la Patrie et a justifié d'éclatante façon sa devise
glorieuse : "Ils s’instruisent pour vaincre" ».
La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1949, avec
la citation suivante :
« Fidèle à ses traditions de dévouement à la Patrie, de courage, de
discipline et d’honneur, l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr a
brillamment formé des officiers qui, alliant à leurs compétences
techniques un sens du devoir poussé jusqu’au sacrifice de leur vie,
ont répandu sans mesure leur sang sur tous les champs de bataille de
Syrie, du Maroc, de la Deuxième guerre mondiale et d’Indochine. A
donné à la France une pléiade de grands chefs qui ont su conduire la
Nation à la victoire. A ainsi hautement mérité la reconnaissance du
Pays ».
La croix de guerre des TOE avec palme, concédée en 1953, avec la
citation suivante :
« L’Ecole spéciale militaire interarmes, fidèle à sa tradition de
dévouement absolu à la Patrie, n'a cessé de former, depuis la
Libération, de jeunes promotions animées d'une foi ardente qui, aux
côtés de leurs anciens, ont servi et continuent à servir avec
héroïsme sur les champs de bataille d'Extrême-Orient. Elle a ainsi
longuement contribué, au prix du sacrifice de près de huit cents des
siens, à maintenir le prestige du pays et à sceller l'Union
française par le plus éclatant des témoignages : celui du sang. Elle
a bien mérité la reconnaissance de la Patrie ».
L’insigne du Mérite militaire chérifien, qui lui est remis en 1955
et dont le général Olié, commandant l’Ecole, dit dans son ordre du
jour aux élèves-officiers :
« Cette distinction, la plus haute récompense marocaine des vertus
militaires, reconnaît en vous la prestigieuse destinée de ceux parmi
vos anciens qui ont donné leur vie ou le meilleur d’eux-mêmes pour
une des plus belles réalisations humaines de la France : son œuvre
au Maroc ».
L’École militaire interarmes (EMIA)
Après la dissolution de l’ESM en 1942, l’École militaire
interarmes de Cherchell reçoit pour mission de former les cadres
nécessaires à l’Armée d’Afrique. Elle accueille ainsi des
Saint-Cyriens qui n’avaient pu achever leur scolarité à
Aix-en-Provence et par la suite les jeunes gens ayant satisfait aux
concours de 1943 et de 1944.
Le 2 avril 1945, en présence du général de Gaulle, les deux emblèmes
de l’ESM et de l’EMICC sont remis à l’Ecole militaire interarmes.
Installée à Coëtquidan, elle reçoit, le 12 juillet 1946, un emblème
propre sous les plis duquel servent les Saint-Cyriens jusqu’au 23
mai 1947, quand est créée l’École spéciale militaire interarmes (ESMIA),
qui prend comme emblème le drapeau de l’ESM de 1921.
Le drapeau de l’École militaire interarmes mérite donc d’être
rappelé dans les titres de gloire saint-cyriens. Il porte la seule
devise :
HONNEUR ET PATRIE
Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par cette
École.
La croix de guerre des TOE avec palme, concédée en 1962, « au même
titre que l’École spéciale militaire » et pour la même citation.
-La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1968, « au
même titre que l’École spéciale militaire » et pour la même
citation.
La croix de guerre 1939-1945, à nouveau, en 1987, afin de rappeler
celle attribuée en 1950 à l’EMIA de Cherchell, avec la citation à
l’ordre de l’Armée, suivante :
« Du 8 novembre 1942 au 8 mai 1945 et après l’envahissement total de
la métropole, l’École militaire de Cherchell a maintenu la tradition
des Écoles d’officiers de France en inculquant aux élèves aspirants
la foi dans les destinées et la grandeur de la Patrie ; a formé pour
les armées de la Libération des chefs dignes de leurs aînés, ardents
et animés du désir de vaincre, qui s’illustrèrent sur les champs de
bataille de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne. S’est
acquis ainsi au prix de lourds sacrifices, une part glorieuse dans
la victoire de nos armes ».
Cette croix de guerre porte, outre la palme correspondant à la
citation, une barrette de métal dorée avec l’inscription
CHERCHELL.
L’École militaire des cadets de la France libre (EMCFL)
Quand elle formait de jeunes officiers pour les FFL, de 1941 à 1944,
cette école n’avait qu’un fanion. Un drapeau à son nom est remis à
sa garde puis à celle de l’ESMIA, le 12 mars 1956.
Le drapeau de l’EMCFL porte la seule devise :
HONNEUR ET PATRIE
Sur sa cravate sont épinglées les décorations reçues par cette
École.
La croix de la Légion d’honneur, concédée en 1955.
La médaille de la Résistance, concédée en 1944.
La croix de guerre 1939-1945 avec palme, concédée en 1952 avec la
citation suivante :
« Dès 1940, reprenant les plus belles traditions de Saint-Cyr, a
groupé et instruit les jeunes Français venus en Angleterre, désireux
de lutter pour la libération de la Patrie. D’abord à Malvern, puis à
Ribbesford, a formé cinq promotions qui se sont magnifiquement
comportées sur les champs de bataille les plus divers. A sa
dissolution, le 15 juin 1944, pouvait être fière d’avoir bien rempli
sa mission, ainsi qu’en témoignent les multiples faits d’armes de
ses anciens élèves dont 52 sont morts au Champ d’honneur. Son nom
demeurera dans notre histoire militaire, comme celui du refuge où la
jeune élite de notre armée apprit à vaincre pour libérer la France
».
La croix de guerre 1939-1945 luxembourgeoise, qui lui est concédée
en 1985 par le grand-duc souverain Jean de Luxembourg.
Une promotion est l'ensemble des élèves rentrés la même année à
Saint-Cyr.
Chaque promotion a une organisation propre hiérarchisée : c'est le
Grand Carré.
Il constitue le groupe représentatif de la promotion et organise les
manifestations et les activités de tradition laissées à l'initiative
des élèves...
Les grands moments perpétués dans la vie d'une promotion à Saint-Cyr
:
Le 2S, célébration de l'anniversaire de la bataille d'Austerlitz, le
2 Décembre 1805. A cette occasion les derniers élèves rentrés à
l'École reçoivent au cours d'une cérémonie leur shako orné du
Casoar.
Le Baptême de la Promotion, cérémonie traditionnelle, qui consiste à
donner son nom à la nouvelle promotion et à lui confier la garde du
Drapeau de l'École.
Le Triomphe est la fête de tradition de l'École, marquant le
départ de la Promotion des anciens qui vient d'achever son cycle de
formation.
Le Baptême et le Triomphe sont regroupés dans une seule et même
manifestation.
Au cours de leurs trois années de scolarité, les élèves passent
successivement du 3° bataillon au 2° bataillon, puis au 1°
bataillon.
Chaque bataillon est aujourd’hui composé d’environ 180 élèves
français et 15 étrangers, originaires principalement des pays
d’Afrique francophone (cf. données statistiques détaillées pour les
promotions récentes ci-dessous). Lors de son baptême en fin de
deuxième année de scolarité, chaque promotion reçoit un nom, prenant
ainsi place dans la longue chaîne des promotions de Saint-Cyr.
Liste des promotions de Saint-Cyr
Le premier baptême date de 1830, et la première promotion de
l'École à être désignée autrement que par un numéro est celle "Du
Firmament" (1830-1832), mais ce n'est qu'en 1835, avec le baptême de
la promotion "De la Comète", que s'établit la tradition de donner un
nom à chaque promotion.
La pratique consiste, à l'origine, à donner à la promotion un nom en
rapport avec son année de baptême : ainsi, le nom de la promotion
"De la Comète" est lié au passage de la comète de Halley.
Ce n'est que bien plus tard qu'est instaurée la tradition de donner
aux promotions non plus le nom d'un événement récent, mais d'un haut
fait d'armes ou d'un personnage dont l'exemple pourrait inspirer les
jeunes baptisés.
Liste des promotions de Saint-Cyr
Numéro Année Nom de promotion
189 2002 - 2005 Général de Galbert
188 2001 - 2004 Général Vanbremeersch
187 2000 - 2003 Général Béthouart
186 1999 - 2002 Du Bicentenaire de Saint-Cyr
185 1998 - 2001 Chef d'escadrons Raffalli
184 1997 - 2000 De la France Combattante
183 1996 - 1999 Général Lalande
182 1995 - 1998 Colonel Cazeilles
181 1994 - 1997 Commandant Morin
180 1993 - 1996 Maréchal Lannes
179 1992 - 1995 Capitaine Stéphane
178 1991 - 1994 Chef de bataillon de Cointet
177 1990 - 1993 Général Guillaume
176 1989 - 1992 Capitaine Hamacek
175 1988 - 1991 Général Delestraint
174 1987 - 1990 Lieutenant Tom Morel
173 1986 - 1989 Général Callies
172 1985 - 1988 Cadets de la France Libre
171 1984 - 1987 Général Monclar
170 1983 - 1986 Lieutenant-Colonel Gaucher
169 1982 - 1985 Général de Monsabert
168 1981 - 1983 Grande Armée
167 1980 - 1982 Montcalm
166 1979 - 1981 Général Lasalle
165 1978 - 1980 Général Rollet
164 1977 - 1979 Maréchal Davout
163 1976 - 1978 Capitaine de Cathelineau
162 1975 - 1978 Capitaine Guilleminot
161 1974 - 1976 Lieutenant Darthenay
160 1973 - 1975 Maréchal de Turenne
159 1972 - 1974 Général de Linarès
158 1971 - 1973 Capitaine Danjou
157 1970 - 1972 Général de Gaulle
156 1969 - 1971 Général Gilles
155 1968 - 1970 Souvenir de Napoléon
154 1967 - 1969 Lieutenant-colonel Brunet de Sairigné
153 1966 - 1968 Maréchal Juin
152 1965 - 1967 Lieutenant-Colonel Driant
151 1964 - 1966 Corse et Provence
150 1963 - 1965 Serment de 14
149 1962 - 1964 Centenaire de Camérone
148 1961 - 1963 Bir-Hakeim
147 1960 - 1962 Vercors
146 1959 - 1961 Lieutenant-Colonel Jeanpierre
145 1958 - 1960 Maréchal Bugeaud
144 1957 - 1959 Terre d'Afrique
143 1956 - 1958 Général Laperrine
142 1955 - 1957 Maréchal Franchet d'Esperey
141 1954 - 1956 Lieutenant-colonel Amilakvari
140 1953 - 1955 Ceux de Dien Bien Phu
139 1952 - 1954 Union Française
138 1951 - 1953 Maréchal de Lattre
137 1950 - 1952 Extrême-Orient
136 1949 - 1951 Garigliano
135 1948 - 1950 Général Frère
134 1947 - 1949 Rhin et Danube
133 1946 - 1948 Général Leclerc
132 1945 - 1947 Nouveau Bahut
juin 1944 18 Juin
décembre 1943 Corse et Savoie
juin 1943 Fezzan-Tunisie
décembre 1942 Bir-Hakeim
juin 1942 Libération
131 1944 Rome et Strasbourg
130 1943 Veille au Drapeau
129 1942 Croix de Provence
128 1941 - 1942 Charles de Foucauld
127 1940 - 1941 Maréchal Pétain
126 1939 - 1940 De l'Amitié Franco-Britannique
125 1938 - 1939 De la Plus Grande France
Jargon
2 S : 2 décembre, en souvenir du 2 décembre 1805, bataille
d'Austerlitz, au cours de laquelle sont tombés les premiers élèves
de l'École militaire de Saint-Cyr; aujourd'hui jour de fête des
corniches militaires qui voit les bizuths officiellement intronisés
au sein de la Corniche,
Alpha : être alpha, c'est être admissible au concours d'entrée de l'ESM.
Le statut s'appelle aussi l'alphature
Bahutage : Terme officieux désignant la période d'intégration dans
toute unité militaire,
Baraguey (du nom du colonel Baraguey d'Hillier) : surnom donné à
celui des encadrants réputé le plus dur et le plus teigneux
la Bazane : tout ce qui touche à l'Arme blindée cavalerie,
Bazar : élève de première année; équivalent de Bizuth pour les
Saint-cyriens;
Bibelot: surnom donné aux Saint-Cyriens par les élèves de l'EMIA et
de l'EMCTA pour railler leur côté précieux et fragile
Biffe: infanterie
Bizuth : élève de première année en corniche,
Bovins : Nom donné aux élèves des classes préparatoires du Lycée
Militaire d'Autun.
Brutions : voir Ñass,
Colonel des Gardes : deuxième membre du Grand Carré, après le Père
Système;
Corniche : Classes préparatoires au concours de Saint-Cyr,
Crocos: stagiaires africains à Saint-Cyr et Navale.
Cyrards : Saint-Cyriens.
les Dieux : membres du Cadre Noir de l'école de cavalerie de Saumur;
mais aussi surnom donné aux élèves de dernière année de Saint-Cyr,
Dolo cornu : chant des dolos (voir plus haut) à l'École militaire
interarmes.
l'esprit Khâl : esprit-concours; tout ce qui éloigne les prépas de
l'ambiance "mili" (militaire),
Fanature : terme par lequel un futur élève-officier déclare sa
préférence d'arme; on dit: Fana Légion pour ceux qui se destinent à
servir dans ce corps ou bien Fana Colo pour ceux qui ont opté pour
une carrière dans l'infanterie de marine; il existe aussi les Fanas
Génie, les Fanas Bazane (pour les futurs cavaliers) et même quelques
Fanas Transmissions ,etc.
Fine : représentant officiel du Grand Carré; un par section et
compagnie du 1° Bataillon de France;
la Galette : épaulette dorée de sous-lieutenant remise aux
élèves-officiers le jour du Triomphe et qui fait suite à la fameuse
formule : "A genoux les Hommes ... Debouts, les Officiers ! " ; "la
Galette" est aussi le titre d'une chanson traditionnelle, hymne
officieux des Saint-Cyriens.
Glouglou : élève de l'École militaire du corps technique et
administratif (Péjoratif),
le Grand Carré : Réunion des Anciens responsables des traditions au
sein d'une promotion,
magouilleuse : ordinateur par lequel passent les notes. Donne
parfois des résultats surprenants,
Ñass : surnom donné aux élèves du Prytanée de la Flèche,
l'Ours : la chambre des punis; chaque promotion se glorifie de son
recordman de l'ours, c'est-à-dire de l'élève ayant écopé du maximum
de jours d'arrêts passés à l'ours,
PBF : Premier branlé de France. Désigne le premier candidat restant
sur la liste d'attente au concours une fois celle-ci close.
PDB : Pékin de Bahut: correspond à la fin de scolarité à Saint-Cyr,
Pédago : terme générique englobant tous les membres du corps
enseignant; peu flatteur,
le Pékin de Bahut : chant traditionnel spécifiquement saint-cyrien
commençant ainsi: "Trois Saint-Cyriens sont sortis de l'enfer / Un
soir, par la fenêtre / ...". Pékin signifie "privé de..." et ce
chant loue les mérites de la fin de la scolarité à Saint-Cyr;
Père Système (ou Systus) : anciennement le dernier reçu au concours
d'entrée et délégué de sa promotion,
la Pompe : tout ce qui touche aux études académiques; par
définition, sujet de mépris,
psycho : quelqu'un qui perd ses moyens dès qu'il s'agit de faire de
l'ordre serré,
P'tit co : Abréviation de "petit conscrit" et non de petit copain;
membres d'une même promotion,
la Stacke : autre surnom donné aux études théoriques ou de culture
générale,
strasse : ensemble du personnel encadrant les élèves,
TBO : abréviation de Très Bahuté Officier; élève de deuxième année
de Saint-Cyr,
le Triomphe : Jour du baptême d'une promotion, dont les membres
accèdent au rang d'officier,
TVA : abréviation pour Très Vénérable Ancien; élève de deuxième
année de corniche,
Vorace : terme générique désignant les officiers de l'encadrement
militaire,
Z : responsable des traditions à chaque niveau des écoles
militaires: de Z section à Z national
124 1937 - 1939 Marne et Verdun
123 1936 - 1938 Du Soldat Inconnu
122 1935 - 1937 Du Maréchal Lyautey
121 1934 - 1936 Du Roi Alexandre Premier
120 1933 - 1935 Du Roi Albert Premier
119 1932 - 1934 De Bournazel
118 1931 - 1933 Du Tafilalet
117 1930 - 1932 Joffre
116 1929 - 1931 Mangin
115 1928 - 1930 Du Maréchal Foch
114 1927 - 1929 Du Maréchal Gallieni
113 1926 - 1928 Du Sous-Lieutenant Pol Lapeyre
112 1925 - 1927 Du Maroc et de Syrie
111 1924 - 1926 Du Rif
110 1923 - 1925 Du Chevalier Bayard
109 1922 - 1924 De Metz et Strasbourg
108 1921 - 1923 Du Souvenir
107 1920 - 1922 De la Devise du Drapeau
106 1920 - 1921 De la Dernière de la Grande Guerre
105 1919 - 1921 De la Garde du Rhin
104 1919 - 1920 Des Croix de Guerre
103 1918 - 1920 De la Victoire
102 1917 - 1918 De Sainte Odile et Lafayette
101
100 1916 - 1917 Des Drapeaux et de l'Amitié Américaine
99 1914 De la Grande Revanche
98 1913 - 1914 De la Croix du Drapeau
97 1912 - 1914 De Montmirail
96 1911 - 1914 Des Marie-Louise
95 1910 - 1913 De la Moskowa
94 1909 - 1912 De Fes
93 1908 - 1911 De Mauritanie
92 1907 - 1910 Du Maroc
91 1906 - 1908 Du Centenaire
90 1905 - 1907 La Dernière du Vieux Bahut
89 1904 - 1906 Du Centenaire d'Austerlitz
88 1903 - 1905 De la Tour D'auvergne
87 1902 - 1904 Du Sud Oranais
86 1901 - 1903 Du Centenaire de la Légion d'Honneur
85 1900 - 1902 Du Tchad
84 1899 - 1901 D'in Salah
83 1898 - 1900 Marchand
82 1897 - 1899 De Bourbaki
81 1896 - 1898 La Première Des Grandes Manoeuvres
80 1895 - 1897 De Tananarive
79 1894 - 1896 D'Alexandre III
78 1893 - 1895 De Jeanne d'Arc
77 1892 - 1894 Du Siam
76 1891 - 1893 Du Soudan
75 1890 - 1892 De Constadt
74 1889 - 1891 Du Dahomey
73 1888 - 1890 Du Grand Triomphe
72 1887 - 1889 De Tombouctou
71 1886 - 1888 De Chalons
70 1885 - 1887 De l'Annam
69 1884 - 1886 De Fou Tchéou
68 1883 - 1885 De Madagascar
67 1882 - 1884 Des Pavillons Noirs
66 1881 - 1883 D'Egypte
65 1880 - 1882 Des Koumirs
64 1879 - 1881 Des Drapeaux
63 1878 - 1880 Des Zoulous
62 1877 - 1879 De Novi-Bazar
61 1876 - 1878 De Plewna
60 1875 - 1877 Dernière De Wagram
59 1874 - 1876 La Grande Promotion
58 1873 - 1875 De l'archiduc Albert
57 1872 - 1874 Du Shah
56 1871 - 1873 D'Alsace - Lorraine
55 1870 - 1872 De la Revanche
54 1869 - 1871 Du 14 août 1870
53 1868 - 1870 De Suez
52 1867 - 1869 De Mentana
51 1866 - 1868 Du Sultan
50 1865 - 1867 De Venetie
49 1864 - 1866 D'Oajaca
48 1863 - 1865 Du Danemark
47 1862 - 1864 De Puebla
46 1861 - 1863 Du Mexique
45 1860 - 1862 Du Céleste Empire
44 1859 - 1861 De Nice Et Savoie
43 1858 - 1860 De Solferino
42 1857 - 1859 De L'Indoustan
41 1856 - 1858 De Djurdjura
40 1855 - 1857 Du Prince Impérial
39 1855 - 1856 De Sebastopol
38 1854 - 1856 De Crimée
37 1853 - 1855 De Turquie
36 1852 - 1854 De l'Empire
35 1851 - 1853 De l'Aigle
34 1850 - 1852 De Kabylie
33 1849 - 1851 De Zaatcha
32 1848 - 1850 De Hongrie
31 1847 - 1849 De la République
30 1846 - 1848 D'Italie
29 1845 - 1847 D'Ibrahim
28 1844 - 1846 De Djemmah
27 1843 - 1845 D'Isly
26 1842 - 1844 Du Tremblement
24 1841 - Octobre 1843 D'Orient
24 1841 - Avril 1843 De la Nécessité
23 1840 - 1842 Des Cendres
22 1839 - 1841 De Mazagran
21 1838 - 1840 De l'an Quarante
20 1837 - 1839 De Constantine
19 1836 - 1838 De l'obélisque
(...)
18 1835 - 1837 De la Comète
(...)
13 1830 - 1832 Du Firmament
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